Une vague de chaleur sans précédent s’abat sur le pays, déclenchant des dizaines d’incendies simultanés. Des milliers de secouristes sont mobilisés et plusieurs localités ont été évacuées préventivement.
L’Algérie traverse une épreuve climatique d’une intensité rare. Depuis plusieurs jours, une chape de plomb thermique recouvre le territoire, propulsant le mercure vers des sommets étouffants. Les services météorologiques nationaux ont, ainsi, émis des alertes rouges pour pas moins de 31 wilayas, anticipant des températures maximales pouvant atteindre, voire dépasser, les 49°C dans certaines localités, au moins jusqu’à ce dimanche. Ce climat extrême, combiné à une sécheresse persistante, a transformé le tapis végétal du pays en une véritable poudrière, provoquant une recrudescence dramatique des départs de feu.
Le bilan actualisé par la Direction générale de la Protection civile (DGPC) témoigne de l’ampleur de la crise. Rien que pour la journée du vendredi 17 juillet, 43 nouveaux incendies de forêts, de maquis et de broussailles ont été répertoriés à travers le pays. À la mi-journée, 23 foyers ont fait encore l’objet d’une intervention active des secours, tandis que 19 autres ont été maîtrisés et placés sous haute surveillance. Sur les dernières 24h, les services de secours ont recensé et traité un total combiné de plus de 100 à 147 départs de feu selon les différents pointages régionaux, réussissant à en éteindre définitivement une grande majorité, bien que plusieurs dizaines restent particulièrement menaçants.
La géographie du sinistre touche une large partie du Nord et de l’Est du pays. La wilaya de Béjaïa subit une forte pression avec 5 brasiers simultanés localisés dans les communes de Béjaïa, Darguina, Chemini, Akfadou et Ouzellaguen. Non loin de là, Blida et Skikda luttent chacune contre 4 foyers actifs. La menace s’étend également à des régions telles que Tizi-Ouzou, Bouira, Saïda, Guelma, Souk-Ahras et Mila, où les pompiers livrent une bataille acharnée contre le temps et le vent.
Dans la province de Béjaïa, l’urgence a contraint les secouristes à mettre en sécurité une centaine d’habitants des villages de la région d’Imarat, commune de Barbacha. La situation est tout aussi tendue à Blida, où environ 200 personnes ont dû quitter temporairement leur foyer face à l’avancée des flammes. Dans les wilayas de Skikda et de Guelma, plusieurs dizaines de familles des localités de Kanoua, Oum Toub ou Sidi Saâdi ont également été déplacées par précaution. Bien que des retours à domicile aient pu être amorcés à Boumerdès après la sécurisation des communes d’Isser et de Naciria, la tension reste palpable à Aïn Defla, où les habitations demeurent directement menacées.
Face à cette situation d’urgence nationale, les autorités ont décrété l’état d’alerte maximale. Une consigne impérative a été diffusée par la Protection civile, ordonnant le rappel immédiat et sans exception de l’ensemble des effectifs répartis dans 44 wilayas, ainsi que des forces de l’Unité nationale de formation et d’intervention. Cet effort de guerre contre le feu implique également les forces aériennes : des hélicoptères de l’armée et des avions bombardiers d’eau, notamment des appareils de type AT-802 et BE-200, survolent les zones critiques, à l’image des opérations menées à Sétif et Saïda, pour appuyer les convois terrestres.
Pour les populations locales, cet embrasement ravive les traumatismes des saisons estivales précédentes, qui ont lourdement endeuillé le pays et détruit des milliers d’hectares de biodiversité. À ce stade de la crise, la DGPC n’a pas encore communiqué de bilan matériel ou humain officiel concernant les sinistres en cours.
Alors que les prévisions météo n’indiquent aucune baisse des températures avant le début de la semaine prochaine, les autorités réitèrent leurs appels à la plus grande prudence et demandent aux citoyens de signaler immédiatement tout nouveau départ de feu. L’Algérie reste suspendue au courage de ses soldats du feu, engagés sur un front long de plusieurs centaines de km.
Par : Amina A.











