Une décision ministérielle a mis fin aux fonctions de la directrice du Centre de Formation Professionnelle et d’Apprentissage (CFPA) de Sidi Salem. D’après des sources bien informées, cette décision fait suite au rapport accablant d’une commission d’enquête dépêchée par la tutelle dans le sillage d’un mouvement de protestation déclenché par les enseignants, les travailleurs et les fonctionnaires du centre.
Il convient de mentionner que l’affaire remonte au mois de Ramadhan dernier après un arrêt de travail, suivi de plusieurs sit-in au sein de l’établissement. Dans une déclaration officielle émanant du Bureau syndical du Centre de formation professionnelle et d’apprentissage de Sidi Salem, affilié à l’Union locale de l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA) d’Annaba, les représentants des travailleurs ont annoncé le lancement d’un mouvement de protestation.
Cette mobilisation, entamée le 18 mars 2025 en pleine période de Ramadhan, fait suite à une série de griefs portés contre la directrice du centre, accusée de refuser l’application de l’instruction ministérielle n°166 appelant au dialogue social. Le Syndicat dénonce, par ailleurs, des actes de harcèlement moral à l’encontre des travailleurs et des enseignants, des menaces de sanctions, des pressions exercées sur le secrétaire de la Section syndicale afin de le contraindre à renoncer à ses fonctions, et l’humiliation des représentants des travailleurs dans le bureau de la directrice.
L’escalade s’est aggravée après un sit-in durant lequel cette dernière aurait eu recours à son époux pour filmer les protestataires, tout en proférant, selon leurs dires, des insultes et des menaces. Les syndicalistes évoquent, également, des tentatives d’intimidation visant à obtenir des signatures de retrait de confiance à l’encontre du bureau syndical.
Face à l’ampleur de la situation, la direction de wilaya de la Formation professionnelle a sollicité l’intervention d’une commission ministérielle qui s’est rendue sur place à la fin du mois de Ramadan. Cette dernière a procédé à une inspection rigoureuse des conditions de travail et des accusations portées à l’encontre de la responsable. Les membres de la commission ont, notamment, relevé des pratiques de gestion arbitraires, des sanctions disciplinaires sans fondement légal, et des actes de favoritisme lors du recrutement de nouveaux agents, parfois issus de l’entourage personnel de la directrice. À la lumière de ces constats, la commission a rédigé un rapport détaillé transmis au ministère, concluant à de nombreuses irrégularités et abus. Ce rapport a conduit à la révocation de la directrice.
Par : Ikram Saker









