Le site Algérie Patriotique, généralement bien informé, doute fort d’une rencontre au plus haut niveau dans la capitale espagnole entre le président Tebboune et le premier ministre ibérique.
Le président de la République effectuera-t-il, avant la fin de ce mois, une visite de travail en Espagne? L’information relayée depuis une semaine sur des plateformes et médias ibériques a bien fait son chemin, et ce à la faveur du réchauffement politique entre Alger et Madrid et un dégel dans les relations commerciales depuis 2024.
Mais depuis deux jours, le déplacement du chef de l’Etat semble de moins en moins probable, selon le site Algérie Patriotique. Dans son édition d’hier, le média en ligne, généralement bien informé, doute fort d’une rencontre au plus haut niveau dans la capitale espagnole entre le président Tebboune et le premier ministre ibérique. « La Réunion entre l’Espagne et le Maroc a confirmé ce que beaucoup soupçonnent depuis l’affaire Pegasus », rapporte Algérie Patriotique, ajoutant : « Les services secrets marocains gardent un ascendant déterminant sur Pedro Sanchez, au point d’imposer la lecture marocaine du conflit sahraoui au cœur même de la politique étrangère espagnole. » Un sentiment qui s’est renforcé après la lecture de la déclaration finale publiée au terme de la visite, jeudi, du premier ministre marocain, Aziz Akhannouch à Madrid. « Cela ne laisse aucun doute. Entièrement rédigée par la partie marocaine, traduite mot à mot en espagnol, elle ( déclaratio, Ndlr) consacre le plan d’autonomie marocain comme seule voie possible pour le Sahara Occidental », souligne la même source, enchainant: « Le Premier ministre espagnol, loin de défendre la position traditionnelle de l’Espagne fondée sur le droit international et l’autodétermination, se contente d’endosser les termes, le vocabulaire et la logique de Rabat ». Dans la même veine, Algérie Patriotique considère que tout indique que Sanchez, otage du chantage marocain, n’a même pas tenté de reprendre la main. Pour preuve, la présence d’expressions importées du français – dont un «pleinement» inexistant dans la version espagnole de la résolution 2797– démontre que le texte a été signé tel que Rabat l’a présenté.
Pegasus
Et de préciser : « Pedro Sanchez reprend désormais, le couteau sous la gorge, des concepts comme «controversia politica» (controverse politique), utilisés par le Maroc pour transformer un processus de décolonisation en désaccord administratif interne. C’est l’occupant qui dicte les mots et l’Espagne qui les répète. » L’Espagne a, rappelons, procédé à un glissement, depuis 2022, concernant la question sahraouie, avant de s’aligner purement et simplement sur le narratif marocain. « Tout donne à penser qu’il (Pedro Sanchez, Ndlr) n’agit pas librement, qu’il se retrouve contraint de suivre une ligne qu’il ne maîtrise plus, conséquence directe de la pression exercée par Rabat depuis Pegasus », fait savoir le média algérien. Car, en entérinant le discours marocain, Pedro Sanchez éloigne met en balance les relations algéro-espagnoles, fragilisés durant quatre ans en raison de l’attitude du gouvernement de Madrid.
Le président Abdelmadjid Tebboune, qui hésitait déjà à répondre favorablement à l’invitation du Premier ministre espagnol, n’ « a désormais plus aucune raison de le faire », poursuit la même source. Pris encore, la déclaration de Madrid va plus loin encore, engageant engage l’Espagne à se coordonner avec Rabat jusque «dans le Conseil de sécurité», c’est-à-dire à porter à l’ONU une position entièrement moulée par le Maroc. Et, elle contribue à présenter l’occupation du Sahara Occidental comme un simple « dossier de sécurité », diluant sa nature coloniale derrière les mots «terrorisme» ou «coopération». Désormais, Pedro Sanchez apparaît plus que jamais comme un dirigeant qui ne contrôle ni son agenda diplomatique ni la narration qu’il véhicule. « Il ne parle plus avec sa voix, mais avec celle du Makhzen », conclut Algérie Patriotique.
Par : Akram Ouadah








