
Ce week-end, les habitants d’Ain Achir ont été surpris par un impressionnant déploiement militaire sur la plage de «Vivier». Le message est clair : les passeurs sont dans le viseur. Derrière cette mise en scène musclée, un exercice de simulation mené par la 5e Région Militaire. L’objectif ? Reproduire, dans des conditions réelles, une opération d’interception d’un réseau de trafic de migrants par voie maritime.
Un exercice qui tombe à point nommé. Avec le retour des beaux jours, la mer plus calme, et l’approche de l’été, les tentatives de harga se multiplient. C’est bien connu chez nous : dès que le ciel se stabilise et que les vagues se font timides, les départs clandestins reprennent en masse. Annaba, avec ses criques discrètes et sa proximité avec l’Europe, reste une plaque tournante des départs vers l’Italie ou les Baléares.
Ce n’est un secret pour personne : chaque été, notre littoral devient un tremplin pour les jeunes tentés par l’aventure périlleuse de l’autre rive. Les réseaux de passeurs, bien organisés, savent quand frapper. Et c’est justement ce que redoutent les autorités, qui anticipent une recrudescence des traversées dans les semaines à venir.
La plage de «Vivier» a, donc, servi de théâtre à une opération préventive. Des Unités spécialisées ont simulé l’interpellation de passeurs et de migrants au moment de l’embarquement. Une façon de tester la réactivité des forces de sécurité et de rappeler aux fauteurs de trouble que la surveillance est bien réelle.
Annaba, on le sait, n’est pas n’importe quelle ville côtière. Entre Seraïdi, Sidi Salem, Cap de Garde et les criques d’Aïn Achir, les points de départ sont nombreux, souvent difficilement accessibles, ce qui complique la tâche des forces de l’ordre. C’est aussi pour cela que l’armée multiplie les entraînements dans la région : parce que la menace est là, bien présente, et que la fenêtre de passage est ouverte.
Avec des routes migratoires qui changent sans cesse et une pression régionale qui monte, les autorités veulent frapper fort. Et envoyer un message aussi bien aux passeurs qu’à l’opinion publique : les plages ne seront pas laissées sans surveillance, surtout en cette période sensible.
Derrière cette opération, il y a bien sûr des enjeux sécuritaires. Il s’agit de contrôler nos côtes, de lutter contre les réseaux mafieux, mais aussi de prévenir les drames. Car chaque tentative de harga peut tourner à la tragédie. Rien qu’en 2024, plusieurs centaines de migrants partis d’Algérie ont péri en mer en tentant de rejoindre l’Espagne ou l’Italie.
Ces exercices, s’ils impressionnent, visent aussi à éviter que nos plages deviennent le théâtre de naufrages silencieux. La saison commence à peine, et tout laisse penser qu’elle sera mouvementée. Les regards sont tournés vers la mer. Et l’armée, elle, ne lâche rien.
Par : Mahdi AMA












