Alors que les habitants de Biskra nourrissent de grands espoirs quant au lancement imminent de vols de la Omra depuis leur wilaya, l’aéroport international Mohamed Khider demeure dans un état de torpeur inquiétante, limité à quelques dessertes épisodiques, sans ambition ni évolution notable.
Ce statu quo prolongé suscite une légitime incompréhension, d’autant plus que d’autres infrastructures similaires, à l’image de l’aéroport de Guémar à El Oued ou celui de Ouargla, affichent un dynamisme et une ouverture nettement plus audacieux. Dès lors, pourquoi un tel déséquilibre? Quelle différence réelle justifie ce traitement inégal entre trois wilayas du Sud?
Il existe pourtant plus de 26 agences ou succursales d’agences de voyages dans la wilaya de Biskra qui assurent chaque semaine le service de la Omra pour un nombre allant de 750 à 900 citoyens originaires de la région. Ce chiffre témoigne clairement d’une demande soutenue et régulière de vols religieux. Dès lors, le devoir des responsables locaux est de travailler sans relâche pourassurer le transport des pèlerins depuis l’aéroport de Biskra, lequel répond à toutes les conditions requises pour ce type de desserte.
L’aéroport de Biskra, pourtant l’un des plus anciens du pays, ancré dans une région géographique stratégique, semble frappé d’immobilisme. En effet, la représentation locale d’Air Algérie, installée au quartier Dalâa, ne reflète pas l’image d’une compagnie nationale censée incarner sérieux et rigueur. Le siège, délabré, constitue un symbole criant d’un abandon, pour une wilaya entière.
Dans ce climat figé, les attentes se font pressantes. La population demande seulement une augmentation du nombre de vols et l’ouverture de nouvelles liaisons vers d’autres villes algériennes, telles qu’Annaba, Oran, ou encore une wilaya du Grand Sud. Or, force est de constater que ces aspirations citoyennes ne figurent pas à l’agenda des priorités nationales.
Pourtant, l’aéroport Mohamed Khider mérite mieux que cette stagnation chronique. Quelques vols vers Paris et Lyon, une poignée de dessertes vers Alger, et encore, quand elles ne sont pas annulées ou bondées.Obtenir un billet relève plus du coup de chance que de la planification ordinaire.
L’indignation grandit, à mesure que les comparaisons se multiplient. À Guémar comme à Ouargla, des vols vers Médine et Djeddah ont vu le jour, à cela s’ajoutent des liaisons avec Annaba, Oran, une ville du Grand Sud, sans oublier nos compatriotes établis à l’étranger, qui méritent eux aussi une ligne régulière.
Aujourd’hui, les habitants de Biskra espèrent que cette revendication légitime sera enfin entendue, portée par les députés des deux chambres du Parlement, et soumise avec insistance au ministre des Transports, aux autorités de tutelle. Il s’agit d’une exigence et d’un appel à l’équitépour désenclaver une wilaya qui mérite d’être traitée à la hauteur de son potentiel.
Par : N.BENSALAH









