Par : Hamid Baali
Les fonctionnaires relevant du ministère de l’Education nationale sont les candidats les plus nombreux aux échéances électorales du 27 novembre et ils ont toujours été le vivier des rendez-vous électoraux depuis l’indépendance. La loi électorale accorde un congé spécial de trois semaines à tous ceux qui sont en lice aux législatives et aux locales pour leur permettre de mener leur campagne électorale. A cet égard, des professeurs exerçant dans des écoles primaires, des collèges, des lycées, des chefs d’établissements des trois cycles, des censeurs, des intendants, des inspecteurs, des surveillants généraux, des adjoints d’éducation et du personnel administratif briguent un mandat électoral dans les 34 communes de la wilaya de Guelma et au sein de l’APW pour une durée de cinq années.
Dans ce contexte, un certain vide de l’encadrement administratif, pédagogique et financier est enregistré dans de nombreux établissements scolaires, ce qui crée une perturbation dans leur fonctionnement et la scolarité des élèves. Des parents d’élèves déplorent ces absences justifiées qui retardent les études de leurs enfants déjà astreints à une réduction drastique des horaires d’enseignement dictée par la pandémie de Covid-19. Une mère de famille nous déclare : ” Mon fils inscrit en quatrième année primaire dans une école du centre-ville est privé de cours d’arabe depuis début novembre et cela ne prendra fin que le 28 novembre, en l’occurrence le premier jour des compositions du premier trimestre ! C’est aberrant ! Nos enfants sont sacrifiés et c’est regrettable ! Le directeur d’école primaire n’est pas autorisé à recruter des remplaçants et il est confronté à une situation pénible et inédite ! ” .
Un salarié du secteur public qui assistait à cette discussion poursuit : ” Imaginez que des lycées, collèges et écoles sont privés de directeurs et d’intendants, comme c’est le cas dans l’établissement où ma fille est scolarisée en deuxième année secondaire. Des professeurs de matières principales ont été autorisés à bénéficier d’un congé spécial de trois semaines au détriment de l’intérêt général et particulièrement des apprenants ! Nous n’avons pas d’interlocuteur à même de recueillir nos légitimes réclamations et contre toute attente, nous faisons un deuil de nos démarches ! ” . Indéniablement, ces congés prévus par la législation créent une anarchie dans plusieurs établissements au grand dam des élèves privés de leurs cours.
Un retraité, ancien cadre dans une administration du secteur public, s’implique dans ce débat : ” Les pouvoirs publics gagneraient à supprimer cette faveur aux enseignants car, dans les autres pays, le personnel de l’éducation nationale assure régulièrement ses cours et sa campagne électorale se déroule en dehors des heures de travail ! En effet, il convient de privilégier son métier d’éducateur car il est notoire de constater que les candidats saisissent l’opportunité de ces vacances rémunérées pour se reposer et prétendre à un farniente au détriment de l’intérêt des élèves qui leur sont confiés ! Notre gouvernement est interpellé pour annuler à l’avenir ces dérogations aux fonctionnaires-candidats et mettre le holà à ces longues absences qui pénalisent le secteur éducatif et, notamment les élèves, otages de leurs enseignants ! ” .










