Par : Hamid Baali
Les familles guelmoises, notamment celles de condition modeste, sont confrontées à une mercuriale en pleine ébullition et, pour constater de visu ce phénomène qui prend de l’ampleur ces dernières semaines, nous avons visité ce mardi 26 octobre, plusieurs marchés et supérettes du chef-lieu de wilaya. Indéniablement, la pomme de terre, aliment de base de tous les foyers, fait des siennes ! En effet, les étals proposent ce féculent à 120 dinars, voire 130 dinars le kilogramme, c’est du jamais vu ! Une mère de famille, rencontrée aux abords de la mosquée El-Qods chez un marchand ambulant disposant d’une camionnette chargée de pommes de terre de piètre qualité, fulmine ! ” C’est honteux de proposer le kg de pomme de terre à 130 dinars ! Imaginez que je dois acheter 5 kg pour la maisonnée et débourser 650 dinars ! Que me restera-t-il pour remplir mon couffin de produits indispensables ? Nous subissons le diktat de certains commerçants sans scrupules, avides de gains faciles qui nous saignent à blanc ! ” .
Une personne âgée qui assiste à notre discussion nous apprend que cette flambée des prix n’a enregistré aucun répit en dépit des déclarations rassurantes des responsables du ministère du Commerce qui affirment que le déstockage de dizaines de milliers de tonnes de pommes de terre des chambres froides va contribuer à la disponibilité de ce produit stratégique qui sera écoulé à raison de 50 dinars le kg ! Elle poursuit : ” Où sont passés ceux qui sont censés céder ce féculent à ce tarif officiel ? Il est regrettable que des suceurs de sang n’éprouvent aucune honte à agir de la sorte vis-à-vis d’une population qui se paupérise ! L’Etat doit réagir promptement et sévir sévèrement, car la comédie a assez duré ! ” .
Au sein des supérettes qui poussent comme des champignons, des commerçants patentés et des vendeurs à la sauvette, le constat est affligeant. Qu’on en juge ! Tomates à 120 dinars le kg, haricots verts et haricots à écosser à 260-300 dinars, l’oignon sec à 50 dinars, l’ail à 600 dinars, les carottes, navets, concombres et betteraves à 120 dinars, les poivrons, piments, courgettes, aubergines, salade verte, choux fleurs à 150-180 dinars le kg ! Quant aux fruits de saison, c’est hallucinant ! Les agrumes précoces et encore verts sont proposés à 400-500 dinars le kg, le raisin de table à 300 dinars, les pommes et les poires locales à 300-500 dinars selon le calibre et la qualité et, seule consolation, les grenades de la région sont bradées à 120-180 dinars le kg .
Chez les bouchers, le poulet évidé caracole toujours à 450 dinars le kilogramme, l’agneau à 1.350 dinars, le veau sans os à 1.700 dinars, les abats à 600 dinars, le plateau de 30 œufs à 440 dinars, la fressure à 2.400 dinars et les morceaux de choix ne sont pas à la portée des familles de condition modeste. Une dame que nous avons abordée boulevard du 19 juin qui abrite de nombreuses boucheries, nous confie : ” Je suis mère de 4 enfants et mon époux, salarié dans le secteur public, perçoit 37.000 dinars par mois et consent des sacrifices pour honorer les factures du loyer, de l’énergie électrique et du gaz, de l’eau courante, du téléphone et de l’internet. La rentrée des classes nous a lessivés et nous devons faire face aux dépenses de notre nourriture avec le peu qui nous reste. Impossible d’acheter les viandes rouges, les fruits et certains légumes ! Pour enrichir nos menus, je me rabats sur l’achat des ailes de poulet, morceaux de dernier choix, à raison de 300-350 dinars le kg ! ” .
De toute évidence, les familles guelmoises endurent des périodes pénibles, car la vie est devenue chère depuis des semaines. Un salaire de 40.000 dinars est insignifiant pour vivre décemment et ce sont les pauvres gens qui en pâtissent comme toujours ! Les retraités sont frappés de plein fouet par cette envolée des prix insoutenable. Les pouvoirs publics sont interpellés aux fins de réguler et assainir les marchés, car la côte d’alerte est atteinte, voire dépassée, pour venir au secours d’une population qui galère dans une jungle où les adeptes de gains faciles sévissent sans état d’âme au grand dam des démunis.










