Par : Mustapha B.
A l’image des deux précédents scrutins, les élections législatives, organisées ce samedi 12 juin, n’ont pas drainé de foules à Annaba. A 10h00, seuls 2,09% des 440.519 citoyens inscrits sur les listes électorales de la circonscription élective d’Annaba s’étaient rendus aux niveaux de l’un de l’un des 1.058 bureaux de votes répartis sur 148 centres. Trois heures après, le taux de participation est passé à 8%, avant de faire un très timide bond, pour atteindre les 12,39% à 16H00, pour atteindre les 21,91% à la clôture.
L’enjeu principale était, semble-t-il, d’organiser ce scrutin sans qu’aucun incident ne vienne perturber les électeurs, fussent-ils minoritaires pour élire les « représentants du peuple ».
Ces résultats, obtenus avant la fermeture des bureaux de vote, semblent indiquer que le taux d’abstention des Annabis allait être encore plus haut que lors de toutes les précédentes élections qu’a connues le pays, depuis le référendum pour l’indépendance de l’Algérie. La projection des chiffres obtenus porte à croire que, sauf surprise, le taux de participation va être le nouveau « plus bas historique », détenu jusqu’ici par le référendum sur la révision de la constitution organisé le 1er novembre 2020. Si l’on se réfère aux 12,45% à 14h00 et des 19,99% à 17h00 obtenus lors du référendum, la participation citoyenne est loin d’être au rendez-vous à Annaba. En effet, les suffrages exprimés lors dudit référendum ne représentaient à Annaba que 26,73%, soit un peu plus du quart des citoyens inscrits sur les listes électorales.
Au niveau national, les chiffres ne sont guère meilleurs même en comparaison avec le plus bas historique. Les taux de participation nationaux étaient de 3,78%, 10,02% et 14,47% respectivement à 10h00, 13h00 et 16h00. Ceux-ci étaient de 5,88%, 13,03 %, 18,44% et 23,7% respectivement à 11h00, 14h00, 17h00 et 19h00.
Les taux étaient cette fois ci tellement bas que l’autorité nationale indépendante des élections a décidé de proroger les délais d’une heure supplémentaire afin de permettre à plus de personnes de pouvoir se rendre aux urnes pour exprimer leurs voix.
Si le choix des électeurs d’Annaba n’est toujours pas connu, au moment où nous mettons sous presse, celui des boycotteurs ne l’a jamais été autant. Le taux d’abstention record semble mettre en évidence le désintérêt quasi-total des citoyens envers cette course au palais Zighoud Youcef et, par extension, envers la chose politique. Cela veut-il dire que les Annabis et plus généralement les Algériens sont revenus à leurs anciennes habitudes en étant des citoyens démissionnaires ? Pas si sûr quand on voit le nombre impressionnant des « boycotteurs actifs ». Ces derniers sont très loin de se désintéresser de la politique, bien au contraire, ils semblent vivre au rythme de celle-ci. Ils ne sont d’ailleurs pas contre le principe des élections et de la représentativité à travers les urnes, mais sont convaincus que des élections libres ne peuvent en aucun cas se dérouler dans les « conditions actuelles ».
Ont-ils cependant fait le bon choix en décidant de laisser les autres choisir peur eux ? Cela se discute. Mais une chose est sûre, et le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, l’a bien rappelée à sa sortie du bureau de vote à Alger : « La démocratie c’est ça. La démocratie impose à la majorité de respecter la minorité, mais c’est elle (la majorité, NDLR) qui décide ». L’écrasante majorité a, semble-t-il fait son choix en boycottant les législatives, mais c’est à la minorité que reviendra la décision du choix des « élus du peuple » …










