L’Algérie prévoit de consacrer plus de 10 milliards de dollars, soit 1469 milliards de dinars, aux projets hydrauliques enregistrés et en cours de réalisation. Le programme comprend la construction de nouveaux barrages, le développement des transferts d’eau et la réalisation de six stations de dessalement supplémentaires d’ici à 2030. L’objectif est de renforcer les réserves nationales et de sécuriser l’approvisionnement des populations, notamment dans les régions confrontées à un déficit hydrique.
Invité de la Radio nationale « chaine 1 », le ministre de l’Hydraulique, Lounes Bouzegza, a détaillé les principaux chantiers destinés à accroître les capacités de stockage et de production, tout en acheminant l’eau vers les zones éloignées des infrastructures existantes.
Mieux répartir les ressources
L’Algérie compte actuellement 82 barrages. Trois autres devraient être réceptionnés avant la fin de l’année, tandis que les études se poursuivent pour la réalisation de 28 nouveaux ouvrages. Le programme comprend également 18 grands projets de transfert d’eau, destinés à améliorer la répartition des ressources entre les différentes régions du pays.
À Sétif, le raccordement de 15 communes au barrage de Draâ Eddis représente un investissement de 18 milliards de dinars. Le lancement du projet est prévu le 1er novembre.
Dans le Sud, une conduite d’environ 250 kilomètres doit relier la zone de Tanezrouft, à Bordj Badji Mokhtar, au champ de Tizawaten, dans la wilaya d’In Guezzam. Le coût de cette opération avoisine les 26 milliards de dinars.
Ces transferts doivent permettre de desservir les territoires où les ressources locales sont insuffisantes et de réduire les disparités d’accès à l’eau. Leur efficacité dépendra notamment de la réalisation des infrastructures nécessaires pour acheminer les volumes requis vers les populations concernées.
Six nouvelles SDEM d’ici à 2030
Le dessalement occupe une place croissante dans la stratégie nationale d’approvisionnement. Selon le ministre, les 19 grandes stations et les 12 installations de taille moyenne actuellement en service produisent ensemble 3,6 millions de mètres cubes d’eau par jour, une capacité qui couvre les besoins d’environ 40 % de la population.
D’autres mises en service sont attendues avant la fin de l’année, notamment à El Tarf et à Béjaïa. À l’intérieur du pays, Blida doit également être raccordée à la station de Fouka, située dans la wilaya de Tipasa, avec une inauguration annoncée pour le 1er novembre.
Le programme prévoit ensuite six nouvelles stations à Skikda, Jijel, Tizi Ouzou, Chlef, Mostaganem et Tlemcen. Cette phase nécessitera 3 milliards de dollars d’investissements et doit ajouter 1,8 million de mètres cubes à la production quotidienne, portant la capacité nationale de dessalement à 5,6 millions de mètres cubes par jour.
Tlemcen devrait accueillir le premier chantier, avant le lancement des projets de Chlef et de Mostaganem. Ces installations doivent renforcer les capacités de production et diversifier les sources d’approvisionnement en eau potable.
À l’horizon 2030, les autorités ambitionnent de couvrir entre 60 et 65 % des besoins nationaux en eau potable grâce au dessalement. L’augmentation des capacités de production devra toutefois s’accompagner du développement des réseaux de transfert afin d’assurer une distribution plus équilibrée de la ressource.
Certaines conduites pourraient s’étendre sur 150 à 250 kilomètres pour acheminer l’eau du littoral vers les Hauts-Plateaux et les centres urbains soumis à une forte demande.
Par : S.A.B.












