La psychiatre Aïcha Dahdouh, poursuivie en Algérie pour violation du secret médical et vol de dossier médical dans le cadre des polémiques liées au roman « Houris » de l’écrivain Kamel Daoud, s’est exprimée hier publiquement à deux jours du délibéré du tribunal d’Oran prévu ce 27 octobre 2026. Dans une déclaration rendue publique sur sa page officielle, le Dr Dahdouh a réaffirmé son innocence totale face aux accusations portées contre elle, soulignant son attachement strict à l’éthique et au secret professionnel. « Je suis innocente. Je n’ai pas divulgué le secret médical.
Je n’ai pas volé de dossier. Le médecin n’est pas le propriétaire du dossier : il en est le dépositaire », a-t-elle affirmé, tout en indiquant qu’elle contesterait toute décision de condamnation qui serait prononcée à son encontre. Tout en exprimant son souhait de se présenter devant la justice algérienne qu’elle qualifie de « seul cadre juridique possible » pour préserver le secret médical et assurer sa défense, la praticienne a expliqué que la dégradation de la situation familiale ainsi que l’impact des prises de position de son futur ex-époux l’ont empêchée de faire le déplacement vers l’Algérie.
Le Dr Dahdouh a, en outre, tenu à marquer une rupture fondamentale avec les thèses et prises de position politiques et idéologiques de Kamel Daoud, affirmant ne pas partager ses orientations sur plusieurs dossiers centraux, notamment la question palestinienne, le rapport à l’Algérie et à l’Islam. « Sur trois questions essentielles, l’Algérie, l’islam et la Palestine, je ne partage pas les positions de Kamel Daoud », a-t-elle précisé, appelant au respect de la douleur des victimes sans hiérarchie ni distinction.
Sur un autre plan, mettant en avant son parcours professionnel au service du secteur de la santé en Algérie, la praticienne a rappelé son attachement aux valeurs cardinales de dignité et de respect de la déontologie médicale, citant notamment la pensée de Frantz Fanon sur le refus de la haine et le devoir d’écoute des mémoires blessées. Rappelons que la défense du Dr Aïcha Dahdouh est assurée auprès de la justice par son conseil, Me Emmanuel Daoud ( qui n’a aucun lien avec Kamel Daoud), avocat au barreau de Paris.
Par : Akram Ouadah









