Au terme d’un atelier technique de deux jours, l’Algérie et la Tunisie ont scellé un accord de partenariat entre leurs écoles de formation maritime. L’objectif : moderniser les techniques de capture par dispositifs de concentration de poissons et valoriser les ressources halieutiques communes.
En fin de semaine à Annaba, la coopération maritime algéro-tunisienne s’est concrétisée par la signature d’une convention-cadre de partenariat. Ce paraphe associe l’École de formation technique de la pêche et de l’aquaculture d’El Kala, située dans la wilaya d’El Tarf, et l’École de pêche de Tabarka, dans l’Est tunisien. La cérémonie est venue couronner les travaux d’un atelier axé sur le partage d’expériences professionnelles, en particulier autour des techniques de regroupement du poisson pour la capture de la dorade coryphène.
L’accord a été signé conjointement par le directeur général de la pêche et de l’aquaculture au ministère de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, M. Miloud Triaa, pour la partie algérienne, et par le directeur général du Groupement interprofessionnel des produits de la pêche, M. Achraf Ben Slimane, côté tunisien. En marge de l’événement, M. Triaa a souligné que cette démarche s’inscrit dans la consolidation des relations bilatérales, permettant de mutualiser les compétences, de moderniser les cursus de formation et d’organiser des stages pratiques sur le terrain.
Organisée par le ministère de tutelle et la Chambre algérienne de la pêche et de l’aquaculture, la rencontre s’est achevée sur une série de recommandations stratégiques. Parmi les axes majeurs retenus figure le lancement d’un projet d’expérimentation piloté par le Centre national de recherche et de développement de la pêche et de l’aquaculture en Algérie, en coordination étroite avec l’Institut national des sciences et technologies de la mer de Tunisie.
Selon le directeur général de la Chambre algérienne de la pêche et de l’aquaculture, Nabil Aouiche, ce programme comprendra des sorties en mer pour tester des dispositifs de concentration de poissons (DCP) dérivants. Ces équipements permettront d’optimiser le ciblage de la dorade coryphène tout en affinant la maîtrise technique des équipages. En parallèle, des missions d’immersion et de formation en Tunisie seront destinées aux marins-pêcheurs algériens, tandis que les instituts des deux pays intensifieront leurs échanges de données sur la biologie, la dynamique migratoires et les saisons de pêche de cette espèce.
Au-delà de la pêche de la dorade, la feuille de route intègre un volet dédié à la valorisation industrielle et commerciale d’autres ressources marines, notamment le crabe bleu. Les deux parties prévoient de développer des opportunités conjointes de transformation, de stockage, de commercialisation et d’exportation vers de nouveaux marchés.
Afin d’assurer le suivi effectif de ces engagements, les participants ont insisté sur l’activation de la convention initiale conclue en 2025 entre la Chambre algérienne et le Groupement interprofessionnel tunisien. Ce mécanisme sera soutenu par un plan d’action exécutif, des réunions d’évaluation semestrielles et des ateliers thématiques réguliers sur les technologies de pêche émergentes, dans le but de stimuler les partenariats d’investissement entre les opérateurs économiques des deux rives.
Par : Amina A.










