Peindre avec une main qui n’obéit plus comme avant, dialoguer avec les personnages sortis de ses propres tableaux et tenter de renouer avec un rêve brisé : c’est le parcours de Mustapha, jeune artiste au centre de « Van Gogh et moi », le court-métrage de 23 minutes réalisé par Hakim Traidia.
Passionné par Vincent Van Gogh, Mustapha se prépare à participer à un concours dont le prix pourrait le conduire aux Pays-Bas pour exposer son travail au musée Van Gogh. Un accident vient cependant bouleverser cette perspective. Privé de l’usage de son bras gauche, le jeune peintre se retrouve enfermé dans son atelier et doit réapprendre son geste artistique avec la main droite. Entre volonté de poursuivre et difficultés à retrouver ses repères, la peinture devient alors le terrain d’un combat intérieur.
C’est dans cette période de fragilité que Dounia fait irruption dans sa vie. Elle devient littéralement et symboliquement son « bras droit », l’aidant à retrouver confiance et équilibre. Sa présence joue progressivement un rôle déterminant dans le cheminement de Mustapha, jusqu’à lui permettre de renouer avec son projet artistique.
Le film prend également une dimension plus onirique lorsque le peintre se retrouve confronté aux figures qui peuplent ses œuvres. Parmi elles, Van Gogh lui-même, avec lequel il engage des échanges parfois conflictuels. Ces apparitions traduisent les tourments d’un artiste enfermé dans son propre univers, avant que Dounia ne l’aide à sortir de cette « prison de l’esprit » et à reprendre le chemin de la création.
À travers ce personnage féminin, Hakim Traidia aborde aussi la place des femmes dans l’histoire de l’art. Dounia, inspirée notamment de l’expérience du réalisateur, lui-même peintre, permet ainsi d’évoquer le parcours de créatrices longtemps restées dans l’ombre, à l’image de Baya. Le cinéaste entend plus largement attirer l’attention sur des artistes dont les œuvres demeurent insuffisamment connues du grand public. « Van Gogh et moi » a été présenté en avant-première jeudi dernier à la Cinémathèque d’Alger.
Par : Aly D











