Le ministre des Finances, Abdelkrim Bouzred, a ordonné la mise en place d’un dispositif de contrôle renforcé et inédit des projets d’investissement public à travers l’ensemble des wilayas du pays. Cette nouvelle approche impose un suivi plus rigoureux, fondé sur des visites de terrain obligatoires, la production de rapports réguliers et la documentation systématique de l’avancement des chantiers par des preuves photographiques, en remplacement des seuls documents administratifs. L’objectif affiché est de mieux lier les budgets engagés à la réalité des réalisations sur le terrain et d’améliorer l’efficacité de la dépense publique.
Un suivi local rapproché des projets
Selon la lettre ministérielle n°918 datée du 14 avril 2026, des commissions locales seront installées dans chaque wilaya afin d’assurer le suivi matériel et financier des projets d’investissement public.
Présidées par le directeur de la programmation et du suivi budgétaire, ces instances comprennent également le contrôleur budgétaire et le trésorier de wilaya.
Ces commissions sont tenues de se réunir périodiquement et de transmettre directement au ministère des Finances des rapports détaillés, accompagnés de tableaux de bord précis retraçant l’état d’avancement physique et financier de chaque projet. Le dispositif vise à permettre une évaluation réelle des performances et à détecter plus rapidement les déséquilibres dans l’exécution des programmes publics.
Visites de terrain, photos et traçabilité des dépenses
La nouvelle directive introduit une rupture avec les pratiques antérieures en imposant des visites systématiques sur les sites de projets tels que les écoles, hôpitaux, routes ou logements. Les responsables sont désormais tenus de constater directement l’état d’avancement des travaux et de les documenter par des photographies.
Le directeur de la programmation et du suivi budgétaire est chargé du suivi physique sur le terrain, tandis que le contrôleur budgétaire supervise les autorisations d’engagement et que le trésorier suit l’exécution des crédits de paiement. Une coordination renforcée entre les différents services financiers est également exigée afin de garantir la fiabilité des données transmises au niveau central.
Assainissement des projets et digitalisation du suivi
Dans le même cadre, le ministère des Finances a lancé une opération d’assainissement visant à examiner les projets bloqués, retardés ou jugés inefficaces, afin d’optimiser l’utilisation des fonds publics et de réorienter les financements vers les projets prioritaires.
Par ailleurs, toutes les données collectées devront être intégrées dans une application numérique dédiée au suivi des investissements publics, appelée à devenir un outil stratégique d’aide à la décision pour les autorités centrales.
Cette digitalisation vise à renforcer la transparence, la réactivité et le pilotage en temps réel des projets.
Une réforme structurée autour de trois grands secteurs
La directive ministérielle organise le champ d’action des commissions autour de trois grands axes : le développement humain (éducation, santé, formation, culture), le développement économique et social (logement, travaux publics, énergie, agriculture, transport), ainsi que les secteurs souverains et institutionnels (intérieur, justice, finances, commerce).
Les responsables sectoriels sont appelés à participer aux réunions des commissions selon les besoins, notamment pour les secteurs stratégiques comme la santé et l’enseignement supérieur.
Le ministre des Finances a enfin insisté sur la nécessité d’une application stricte de ces mesures, soulignant qu’elles s’inscrivent dans une volonté de renforcer la gouvernance financière et d’améliorer l’efficacité de la gestion des investissements publics à travers le pays.
Par : S.A.B.












