Sur fond instabilité croissante à l’échelle internationale, l’Algérie réaffirme avec insistance sa volonté pour un renforcement de la coopération sécuritaire régionale.
Lors de la deuxième réunion du forum des directeurs des renseignements militaires des pays voisins de la Libye, le directeur central de la sécurité de l’Armée (DCSA), le général Abbas Ibrahim, a souligné l’importance d’approfondir la coordination entre les États afin de relever les défis communs, tel le terrorisme et les formes transnationales d’activités criminelles.
«Notre réunion d’aujourd’hui, qui se tient dans le cadre de la deuxième session du forum des directeurs du renseignement militaire des pays voisins de la Libye, représente une étape renouvelée dans le processus de coopération régionale. C’est une opportunité pour apporter notre soutien à nos frères en Libye et accompagner leurs efforts visant à établir les bases du partenariat et à discuter des questions de sécurité avec les pays voisins, à travers une coordination sécuritaire efficace, notamment dans les domaines du terrorisme, de la criminalité organisée transfrontalière et de la contrebande sous toutes ses formes. Il s’agit également d’échanger des visions et des analyses sur les mutations accélérées que connaissent les contextes internationaux et régionaux», a-t-il déclaré lors de son intervention.
La réunion se veut une nouvelle étape dans le processus de coopération régionale pour accompagner la Libye dans ses opérations de stabilisation et ouvrir la voie à un partenariat durable en matière de sécurité. Pour l’Algérie, ce n’est pas seulement une question d’échange d’analyses, mais de construction d’une réponse collective à des enjeux qui sont devenus extrêmement transnationaux.
Le responsable algérien a estimé que l’aggravation du contexte géopolitique mondial influe en premier lieu sur la région et plus particulièrement sur le continent africain, où les foyers de tension sont en train de se multiplier.
«La situation géopolitique instable que connaît le monde ces derniers temps, et ses répercussions directes ou indirectes sur la stabilité de notre région, nous imposent d’intensifier nos efforts pour faire face aux diverses menaces susceptibles d’affecter négativement la paix et la sécurité dans notre environnement régional», a-t-il ajouté.
Ainsi, confrontée à cette réalité, l’Algérie invoque l’expérience des années 1990, durant lesquelles elle a su faire face au terrorisme et à l’extrémisme violent, s’attaquant à leurs fondements idéologiques. Cette expérience construite autour d’une approche globale, multidimensionnelle, est proposée comme modèle de coopération au service des pays voisins, dans une vision de sécurité partagée.
Dans ce sillage, Alger relève les initiatives concrètes qu’elle a portées dans la région et à l’international. Le siège du Comité d’État-Major Opérationnel Conjoint (CEMOC) qu’elle accueille est un signe manifeste de la volonté de conjuguer les efforts sécuritaires. Aussi, sa participation à des structures africaines dédiées telles que AFRIPOL ou le Centre Africain d’Etude et de Recherche sur le Terrorisme illustre encore une fois la pérennité et la structure de son approche.
De même, elle rappelle son rôle à l’international, notamment à travers l’adoption par le Conseil de sécurité de la résolution 1904 en 2009, qui criminalise le versement de rançons à des groupes terroristes. Une initiative destinée à tarir les sources de financement de ces groupes.
Pour conclure, le général Abbas Ibrahim a indiqué que cette réunion est une occasion qu’il faut saisir pour «renforcer les voies de coopération» entre les différents services, dans des contextes internationaux et régionaux complexes qui exigent davantage de coordination sécuritaire pour faire face aux diverses menaces».
Par : Elyas Abdelbaki










