En l’absence de statistiques fiables émanant des autorités sanitaires, les données disponibles convergent vers une augmentation du nombre de malades atteints d’hémoglobinopathies (drépanocytose ou thalassémie) en Algérie, notamment dans la région Nord-Est.
Les multiples séminaires et rencontres régionales organisés par des associations à El-Tarf, Annaba, Skikda et Jijel au cours des dernières années ont souligné l’urgence de mettre en place un plan de lutte et de prévention contre ces maladies.
Il s’agit, d’une part, d’assurer une meilleure prise en charge des malades et, d’autre part, de limiter, voire de contenir, les mariages à risque conduisant aux naissances de nouveaux enfants atteints, d’autant plus que ces hémoglobinopathies constituent un sérieux problème de santé publique.
À transmission génétique, ces pathologies continuent de faire des ravages au sein de nombreuses familles, qui se retrouvent avec des malades nécessitant un suivi permanent. Leur souffrance est telle qu’elles doivent affronter quotidiennement de nombreuses difficultés pour assurer un meilleur accompagnement à leurs proches.
Cette situation a conduit à la création et à l’organisation de circuits de suivi dans certaines wilayas, permettant l’émergence de pôles spécialisés dans le Nord-Est du pays. Les meilleurs exemples proviennent d’El-Tarf, Annaba et Constantine, où des médecins dévoués ont su mettre en place des services adaptés pour assurer un suivi de qualité.
À El-Tarf, ce sont les docteurs Fenghour et Bouterfa, pédiatres, qui s’impliquent directement dans ce processus de prise en charge. Dans cette wilaya, les statistiques locales font état de milliers de malades drépanocytaires. Si leur prise en charge dépend largement du suivi et du dévouement de ces médecins, au CHU d’Annaba, c’est le Pr Amel Djennouni qui encadre le processus de soins.
Dans une étude présentée récemment lors d’un séminaire régional tenu à Skikda, les chiffres communiqués font état d’une nette amélioration dans l’évolution de la prise en charge. Les indicateurs présentés montrent une progression de la moyenne d’âge des malades, de leur niveau d’instruction ainsi que de leur insertion socioprofessionnelle. Selon cette étude, ces indicateurs se rapprochent de ceux observés dans certains pays européens et en Arabie Saoudite, qui disposent de meilleurs aouts de prise en charge.
À Constantine, c’est l’EHS de pédiatrie de Mansourah qui se distingue par le travail remarquable du Dr Benfetima. À elle seule, cette maître-assistante en pédiatrie assure, en collaboration avec son équipe de médecins et de paramédicaux, la prise en charge d’une grande partie des enfants de l’Est.
L’effort consenti a permis d’offrir de meilleures conditions de suivi à l’ensemble de ces enfants fréquentant l’unité des hémoglobinopathies de cet EHS. Grâce à l’implication directe de ces spécialistes et de leurs équipes, des pôles de prise en charge ont émergé dans ces wilayas considérées comme des zones endémiques pour ces pathologies.
Un effort notable est également observé à Skikda, elle aussi touchée par une forte prévalence, grâce à l’engagement de l’association locale des anémies héréditaires présidée par le Dr Sebti, pédiatre libéral, et les médecins du secteur public. Toutefois, cette évolution dans la prise en charge des malades, rendue possible grâce à une ressource humaine bien formée et disponible, ne semble pas s’accompagner d’une meilleure disponibilité des moyens matériels.
Dans les wilayas susmentionnées, et sans doute dans d’autres régions du pays, on continue de déplorer le manque de réactifs de laboratoire, de filtres et de poches de sang nécessaires aux transfusions. Des médicaments indispensables à la chélation du fer ou au suivi des patients (comme l’Hydrea) font souvent défaut, tandis que les malades et leurs familles doivent encore assumer, à leurs frais, le coût de certains examens biologiques et radiologiques pourtant essentiels à leur parcours de soins.
Par : Amor Z









