Des années, après son lancement, la question de la prise en charge des enfants cardiaques dans l’Est du pays reste posée. Censé alléger les souffrances des enfants malades du cœur, issus des wilayas de l’Est, le projet d’un hôpital spécialisé en chirurgie cardiaque pédiatrique à Annaba refait surface dans le débat public. Lancé il y a plus d’une décennie, ce projet ambitieux, initialement destiné à être implanté dans la commune d’El Bouni, a connu une réorientation.
Prévu pour être un pôle médical d’excellence, l’établissement a, pour vocation, de réduire les déplacements éprouvants des enfants vers Alger ou d’autres grandes villes, souvent dans des conditions sanitaires critiques. Toutefois, face à la pression croissante sur les services d’urgences dans la région, le ministère de la Santé a décidé, en 2022, de transformer ce futur hôpital en un établissement des urgences médico-chirurgicales (UMC) de 500 lits.
Si cette reconversion a permis de répondre à un besoin urgent en matière de soins pour la population locale, elle a laissé en suspens la problématique spécifique de la prise en charge des cardiopathies infantiles, qui continuent à représenter une source majeure de détresse pour les familles concernées.
C’est dans ce contexte que le député Ali Mouelhi du parti El Adala a adressé une question écrite au ministre de la Santé. Dans son courrier, l’élu attire l’attention sur la persistance des souffrances des enfants malades du cœur dans la région, ainsi que sur l’impact psychologique, social et financier que ces déplacements médicaux imposent aux familles. Il souligne que la réaffectation du bâtiment d’El Bouni, bien qu’utile à d’autres niveaux, ne doit pas faire oublier l’objectif initial du projet.
Le parlementaire appelle, ainsi, le ministre de tutelle à clarifier les intentions de son département concernant la relance ou la reprogrammation d’un véritable hôpital de chirurgie cardiaque pédiatrique au profit des habitants d’Annaba et des wilayas voisines.
Pour rappel, l’idée de créer cet hôpital a été annoncée dès 2007 par le professeur Salah Eddine Bourezak, et appuyée en 2014 par l’ancien ministre de la Santé, Abdelmalek Boudiaf, dans le cadre d’un programme national de pôles médicaux spécialisés. Malgré les annonces et les travaux engagés, les retards accumulés et les changements de priorités ont fini par dénaturer le projet initial.
Par : Ikram Saker










