Dans le cadre d’un programme d’échange d’expertise de haut niveau, la wilaya d’Annaba a accueilli, ce mercredi 28 mai, une délégation du National Institute for Policy and Strategic Studies (NIPSS) du Nigéria, accompagnée d’experts algériens de l’Institut national d’études stratégiques globales (INESG) et de cadres issus des ministères de l’Intérieur, des Affaires étrangères et de l’Aménagement du territoire. Cette visite s’inscrit dans une dynamique interétatique visant à renforcer la coopération Sud-Sud autour des enjeux cruciaux de l’économie bleue et de la transition durable.
Dès leur arrivée au siège de la wilaya, les représentants nigérians ont été reçus par le wali, Abdelkader Djellaoui, en présence des principaux cadres exécutifs locaux. Dans son allocution d’ouverture, le chef de l’Exécutif local a souligné le caractère stratégique de cette immersion dans l’expérience algérienne, qu’il a qualifiée de «réponse méthodique et enracinée aux impératifs du développement durable, initiée dès 1962 et arrimée aux cadres multilatéraux internationaux, tels que l’Agenda 2030 et l’Agenda 2063».
La sélection d’Annaba comme point focal de cette visite n’est pas anodine. Dotée d’un linéaire côtier de 122,5 km, la wilaya incarne une convergence entre potentiel naturel, patrimoine maritime et vision planificatrice. Le wali a insisté sur le rôle catalyseur que devrait jouer le projet d’extension du port d’Annaba, notamment par la réalisation du quai minéralier, pour rehausser les capacités logistiques et la compétitivité du territoire dans la chaîne de valeur maritime.
L’agenda de la visite, savamment orchestré, s’est décliné en plusieurs stations articulées autour d’une mise en perspective concrète du concept d’économie bleue. Au Centre de Recherche en Environnement (CRE), la délégation a pris connaissance des travaux en nanotechnologie verte et des efforts de valorisation des zones humides, notamment à travers le cas de la zone de Boussedra. Des expositions ont permis de cartographier les synergies entre recherche, société civile et entrepreneuriat local, avec la participation d’acteurs tels que l’ANDPA, l’école de pêche et des start-ups engagées dans la durabilité marine.
Au port d’Annaba, les hôtes ont reçu un exposé technique sur les infrastructures portuaires, suivi d’un échange franc sur les modèles de gestion intégrée des zones maritimes. L’intérêt du Nigéria pour la résilience des ports algériens dans le contexte des mutations climatiques et des flux commerciaux en expansion a été manifeste.
Enfin, le périple s’est conclu sur une immersion dans le tissu industriel local : de l’Unité de transformation de Ras El Hamra spécialisée dans les produits de la mer, au chantier de construction navale, véritable vivier de savoir-faire maritime. Ces visites ont cristallisé la volonté des deux pays de faire de l’économie bleue non un slogan, mais un levier de souveraineté économique partagée.
À travers ce déplacement, c’est un véritable laboratoire de diplomatie stratégique qui s’est ouvert à Annaba. La parole donnée, les expériences partagées, et la prospective dessinée préfigurent une architecture de coopération fondée sur l’intelligence territoriale et la complémentarité structurelle. Dans un monde confronté à des impératifs écologiques majeurs, l’Algérie et le Nigéria réaffirment ici leur détermination à forger des passerelles concrètes entre recherche, politiques publiques et résilience maritime.
Par : Mahdi AMA










