À moins de deux semaines de l’Aïd El-Adha, le célèbre marché aux bestiaux d’Oum El-Bouaghi, connu sous le nom de “Rahba”, connaît une affluence importante de citoyens venus sonder les prix et choisir leur mouton. Ce marché, l’un des plus grands du pays, reflète une tension persistante sur les prix, malgré l’arrivée de bétail importé de Roumanie et d’Espagne.
Les avis des citoyens divergent fortement. Certains estiment que les prix restent hors de portée. «Entre 8,5 et 9,5 millions de centimes, c’est trop élevé», se plaint un père de famille, qui estime qu’à ce tarif, «le mouton ne convient ni à la taille ni au pouvoir d’achat». D’autres, au contraire, jugent les prix raisonnables: «Celui qui veut sacrifier trouvera selon ses moyens», affirme un autre client, précisant que les prix varient globalement entre 7 et 13 millions de centimes. «Le marché est bon, aussi bien pour le vendeur que pour l’acheteur», ajoute-t-il.
Un fonctionnaire, visiblement découragé, confie qu’il ne peut pas se permettre une dépense de 8 millions pour une bête. «Mon salaire ne suffit pas, surtout que les petits moutons sont aussi chers que les grands», déplore-t-il.
Du côté des vendeurs, l’ambiance est plus morose. «Il n’y a ni achat, ni vente, aujourd’hui», regrette l’un d’eux, malgré une affluence notable sur le marché. Le paradoxe réside dans la présence visible de bétail importé à des prix supposés plus bas, sans pour autant faire baisser significativement les prix du bétail local. Une question demeure sur toutes les lèvres : Pourquoi les prix du marché local restent-ils aussi élevés malgré l’introduction d’ovins importés censés soulager le marché?
À Oum El-Bouaghi, la Rahba reste, ainsi, le reflet d’un pouvoir d’achat sous pression, à la veille d’une fête religieuse synonyme de solidarité, mais aussi, pour beaucoup, de calculs difficiles.
Par : R.C










