« Ce sont des décisions (prises par Alger, Ndlr) très regrettables qui remettent en cause les accords qui régissent la relation entre la France et l’Algérie, en particulier l’accord de 2013 », selon le ministre français des affaires étrangères.
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a affirmé, hier depuis Bruxelles, que l’Algérie a pris une décision «particulièrement brutale» en annonçant son intention de refouler les porteurs français d’un passeport diplomatique. « Les autorités algériennes ont pris des décisions particulièrement brutales concernant les titulaires de passeports diplomatiques envoyés par la France en Algérie », a-t-il déclaré devant la presse, avant une réunion conjointe à Bruxelles entre l’Union européenne et l’Union africaine. « Ce sont des décisions très regrettables qui remettent en cause les accords qui régissent la relation entre la France et l’Algérie, en particulier l’accord de 2013 », a-t-il ajouté. Le 6 mai dernier, M. Barrot a indiqué que l’ambassadeur de France à Alger est toujours à Paris depuis la mi-avril et la situation «est bloquée» entre les deux pays.
La France est ‘’seule responsable’’
Lundi, le ministère des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines ( MAE) a, dans un communiqué, annoncé des mesures de réciprocité au sujet de « la problématique des visas d’une manière générale et de celle de l’exemption des passeports diplomatiques et de service de cette procédure d’une manière particulière ». L’Algérie «qui suit avec un grand étonnement les développements intervenus récemment dans la communication française au sujet de la problématique des visas, répondra par une application stricte de la réciprocité à la juste mesure du manquement de la partie française à ses obligations et engagements », lit-on dans le communiqué.
Aussi, le gouvernement algérien «tient à rappeler de manière solennelle que c’est la partie française qui porte la responsabilité, pleine et entière, des premières violations de l’Accord de 2013 portant exemption de visas au profit des détenteurs de passeports diplomatiques et de service». Dès leur survenance, ces violations ont fait l’objet d’un communiqué officiel des autorités algériennes «les déplorant et mettant la partie française face à ses responsabilités en la matière ».
« Aujourd’hui, comme hier, l’Algérie n’a aucun intérêt particulier, ni aucun attachement significatif, à l’égard de cet Accord. Elle prend dûment acte de ce qui s’apparente à une suspension de fait de l’Accord de 2013 sans le respect par la France des procédures requises », a fait savoir le MAE.
Par : Akram Ouadah









