Evoquer le gisement de phosphate de Ras El Oued, c’est remettre sur le tapis tous les malheurs dont souffre la cité de par la marginalisation et l’absence de représentants susceptibles de plaider ce coin, jadis un fleuron de l’industrie minière. Pour ceux qui ne connaissent pas Ras El Oued (ex-Tocqueville), au fond de ses entrailles, se trouve le deuxième plus grand gisement de phosphate après celui de Djebel El Onk, dans la wilaya de Tébessa.
La mine de Mzaita a été opérationnelle jusqu’à 1956 et n’a cessé qu’après l’intensification de la guerre de libération qui a contraint la compagnie à abandonner le projet, et de surcroît, elle avait sa propre monnaie. Ras El Oued était liée à la voie du chemin de fer via deux gares, à savoir Tixter et Ain Tassera et dispose d’une ligne aérienne destinée à l’évacuation du minerai vers la gare de Tocqueville. C’est toujours au sujet de la mine de Mzaita pour une réétude tendant éventuellement à sa mise en service.
D’après des informations fiables et de bonne foi, il semblerait que, durant les années 1970, une commission s’est rendue sur les lieux du gisement. Après un séjour prolongé et des études approfondies, elle a jugé à la fin de sa mission, que celle-ci a encore de longues années de production (soit 120 ans). Je cite un petit paragraphe d’un exposé sur ce gisement écrit par un responsable de la mine durant l’année 1950. A l’origine, les phosphates exploités par cette société, qui ne fait pas partie du groupe de Tébessa, se rencontrent dans des terrains de colonisation.
La compagnie a traité avec les propriétaires du sol. Ras El Oued (Tocqueville) est à 13 km de la station de chemin de fer de Tixter, sur la ligne d’Alger à Sétif. Les couches sont situées dans la montagne, elles ont une grande inclinaison et affleurent sur plusieurs points. L’exploitation est entièrement souterraine.
Le minerai extrait est du phosphate (45% de P.205), phosphate siliceux, très dur, utilisé dans la sidérurgie en Suisse pour les traitements des fontes électriques, en Allemagne pour le traitement des aciers Thomas et en France dans l’industrie chimique, afin d’en extraire le phosphore. La production de la ligne est de l’ordre de 100 à 150.000 tonnes par an dans les meilleures années. L’extraction de minerai s’effectue dans les galeries, au moyen de marteau pneumatique. Son évacuation est effectuée par câble aérien de la mine à la gare de Tocqueville.
Les exportations, dont le prix de transport de Tocqueville à Bougie vient d’être élevé à 170 Fr la tonne, sont destinées à la France, à la Belgique, à l’Allemagne, à la Suisse et à l’Angleterre. L’exploitation de ce minerai a nécessité la création de deux petites agglomérations, Bir Hamoudi et Toumella qui abritent presque exclusivement le personnel européen.
Le personnel indigène préférant résider dans les douars environnants, mais des constructions à leur intention sont actuellement en cours de réalisation. L’exploitation du gisement de phosphate qui s’étend sur 1.856 ha environ, situé à djebel Mzaita dans le douar de Zbir, commune mixte des Maadid département de Constantine.
Parmi les Administrateurs figurent quelques personnalités honorablement connues dans le monde des engrais chimiques. Nous aimons à penser que des études sérieuses et suffisantes ont servi de base à la formation de cette Société, à qui nous souhaitons longue et heureuse vie.
La mine de M’zaita à l’époque faisait vivre 4.500 personnes, avec un salaire de: 5.000.000 Frs. Au vu de ces caractéristiques prometteuses, le wali est prié d’inscrire cette affaire au centre de ses préoccupations prioritaires pour une éventuelle réétude du gisement de phosphate de Mzaita et de Bir Michou.
Par : Aek Djerbah










