Le député Idir Boumertit, représentant du groupe La France Insoumise (LFI), a déposé, le 5 mai dernier à l’Assemblée nationale française, une proposition de résolution réclamant la reconnaissance et la condamnation des massacres du 8 mai 1945 perpétrés à Sétif, Guelma, Kherrata et leurs environs. Ce texte, signé par 70 députés de diverses sensibilités politiques, demande à la République française de reconnaître solennellement que ces événements constituent un « crime d’État » dirigé contre une population civile sans défense, en totale contradiction avec les valeurs que la France prétendait défendre.
Dans le document, les auteurs rappellent qu’alors que la France célébrait la victoire sur le nazisme, elle se rendait le même jour coupable d’une répression coloniale sanglante en Algérie.
La mort du jeune Bouzid Saâl, tué pour avoir arboré le drapeau algérien, fut suivie d’une violente répression organisée par les plus hautes autorités de l’État français, engageant ainsi pleinement la responsabilité de la République. Ce fut une punition collective, marquée par des massacres de villages entiers, des bombardements, des enfumades de civils, et des exécutions sommaires. Dans la région de Guelma, une véritable traque contre les Algériens a été orchestrée par une milice agissant sous l’autorité directe du sous-préfet André Achiary.
Selon les recherches historiographiques les plus rigoureuses, ces massacres auraient causé plusieurs dizaines de milliers de morts, malgré les efforts délibérés des autorités coloniales pour dissimuler les faits et entraver les enquêtes, notamment celle confiée au général Tubert. Les paroles du général Duval, « Je vous ai donné dix ans de paix, mais tout doit changer en Algérie », illustrent la conscience aiguë qu’avaient les responsables militaires des conséquences profondes de cette répression sur l’avenir des relations franco-algériennes.
Il a fallu attendre 2005 pour qu’un représentant officiel de la France, l’ambassadeur Hubert Colin de Verdière, qualifie ces événements de « tragédie inexcusable », marquant la première reconnaissance publique de la responsabilité française dans ces massacres.
Les députés signataires de la résolution appellent le gouvernement français à poursuivre un travail conjoint de mémoire avec les autorités algériennes, notamment autour des événements du 8 Mai 1945.
Par : S.A.B.









