Les autorités algériennes ont demandé, dimanche, au chargé d’affaires de l’Ambassade de France en Algérie que les agents français, objet d’une affectation dans des conditions irrégulières, fassent l’objet d’un rapatriement immédiat vers leur pays d’origine, selon l’APS.
La crise entre Alger et Paris a franchi, dimanche, une nouvelle étape. Le Ministère des affaires étrangères convoque le chargé d’affaires de l’ambassade de France à Alger – en l’absence de l’ambassadeur Stéphane Romatet, rappelé par Paris pour consultations- pour lui notifier de nouvelles expulsions d’agents français du territoire national. Ces agents étaient en mission de «renfort temporaire », selon des sources médiatiques, dont deux ont été ré-envoyés par Bruno Retailleau avec des passeports diplomatiques alors qu’ils disposaient auparavant de passeports de service.
En réponse, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a affirmé, hier, que la France répondrait «de manière immédiate, de manière ferme et de manière proportionnée» à cette décision. Les manœuvres de Retailleau, soutenu par l’extrême droite et d’anciens responsables ouvertement anti-algériens, tels que l’ancien ambassadeur de France en Algérie, Xavier Driencourt, ont torpillé tous les efforts visant à rapprocher les deux pays. L’Agence Algérie presse service (APS) a indiqué, dimanche, que les autorités algériennes ont demandé au chargé d’affaires de l’Ambassade de France en Algérie que les agents français, objet d’une affectation dans des conditions irrégulières, fassent l’objet d’un rapatriement immédiat vers leur pays d’origine.
Derrière cette énième crise, toujours Retailleau
En effet, sur la période récente, il aurait été constaté par les services compétents algériens l’affectation de pas moins de quinze agents français devant assumer des fonctions diplomatiques ou consulaires sans que ces affectations n’aient fait, au préalable, l’objet, ni de notifications officielles, ni de demandes d’accréditation appropriées comme l’exigent les procédures en vigueur. Ces agents, titulaires auparavant de passeports de service, se sont vu accorder des passeports diplomatiques pour faciliter davantage leur entrée en Algérie. En outre, et comme il en a déjà été fait état, cette liste incluait deux agents relevant du Ministère français de l’Intérieur et devant manifestement suppléer partiellement à ceux qui ont été récemment déclarés persona non grata.
Ces affectations, irrégulières au regard des procédures observées par les deux pays jusqu’à présent conformément aux conventions internationales et à la pratique diplomatique, sont intervenues alors même que des ressortissants algériens titulaires de passeports diplomatiques se sont vu refuser l’accès au territoire français et que deux Consuls Généraux nommés aux postes de Paris et de Marseille et sept autres consuls attendent toujours de recevoir l’accréditation des autorités françaises depuis plus de cinq mois, précise l’APS. Les autorités algériennes ont, en conséquence, demandé que l’ensemble des agents français, objet d’une affectation dans des conditions irrégulières, fasse l’objet d’un rapatriement immédiat vers leur pays d’origine.
Par : Akram Ouadah









