L’influenceur algérien installé légalement en France, “Doualemn”, de son vrai nom Boualem Naman, que le ministre français de l’Intérieur Bruno Retailleau a tenté d’expulser le 9 janvier dernier, est passé devant le juge à Montpelliers lundi dernier.
Poursuivi pour “provocation non suivie d’effet à commettre un crime ou un délit”, le parquet a requis contre lui six mois de prison avec sursis. La décision a été mise en délibéré au 6 mars.
Le ministre français de l’Intérieur a tenté de faire du dossier de cet influenceur une affaire d’Etat.
Arrêté le 3 janvier, à la suite du signalement d’une de ses vidéos, dans laquelle il se serait rendu responsable de supposés appels à la violence contre un opposant algérien, Bruno Retailleau a décidé d’accélérer son expulsion alors que son procès était programmé pour le 24 février.
Ainsi, le 9 janvier, il avait été mis dans un avion en direction d’Alger. Sur place, les autorités algériennes ont refusé de le laisser débarquer.
Dès le lendemain, le ministre français de l’Intérieur a commencé une campagne contre l’Algérie.
Le ministère algérien des Affaires étrangères a réagi le 11 janvier en expliquant que cette expulsion est en contradictions avec des “dispositions pertinentes de la Convention consulaire algéro-française du 24 mai 1974”, dans la mesure où “la partie française n’a cru devoir informer la partie algérienne ni de l’arrestation, ni de la mise en garde à vue, ni de la détention, ni encore de l’expulsion du ressortissant en cause”.
La même source précise que la décision d’Alger (de ne pas le laisser débarquer, NDLR) est “animée par le souci de lui permettre de répondre aux accusations qui sont portées contre lui, de faire valoir ses droits et de se défendre dans le cadre d’un processus judiciaire juste et équitable sur le territoire français”.
D’ailleurs, quelques temps après, la justice française a désavoué le ministre de l’Intérieur en jugeant qu’il n’y avait pas de raison pour prendre une décision d’expulsion urgente, en le libérant, le 6 février dernier, et en annulant son OQTF (Obligation de quitter le territoire français).
Le deuxième influenceur qui est passé lundi devant la justice est “Zazou Youssef”. Il a été condamné par le tribunal de Brest à 18 mois de prison ferme pour “provocation directe à un acte de terrorisme” pour des propos tenus sur les réseaux sociaux.
La peine est assortie, selon les médias français, d’une interdiction du territoire français pendant dix ans et d’un maintien en détention.
Celui-ci, déjà sous le coup d’une OQTF depuis avril 2024, précisent les autorités françaises, et placé en détention provisoire depuis son arrestation le 3 janvier dernier, aurait lancé, fin décembre également, des appels au meurtre ciblant d’autres algériens.
Il faut dire que l’utilisation faite de cette affaire des influenceurs par le ministre français de l’Intérieur a déteint sur des relations algéro-françaises déjà en crise. Et Bruno Retailleau semble opter pour l’escalade.
Par : Elyas Abdelbaki












