Depuis des années, l’Agence nationale de l’emploi (ANEM) de la wilaya de Biskra est censée être un acteur-clé dans la lutte contre le chômage et le principal soutien des demandeurs d’emploi à Biskra. Pourtant, suivant une enquête approfondie, que nous avons menée sur la gestion des dossiers des demandeurs d’emploi, une réalité bien différente a été révélée.
Il a été constaté une gestion défaillante, des pratiques opaques et une discrimination flagrante à l’encontre des demandeurs d’emploi, en particulier des diplômés universitaires.
Effectivement, selon plusieurs témoignages recueillis, la présélection des candidats se fait par le biais d’un logiciel de gestion interne de l’Agence, qui privilégie certains profils au détriment d’autres, sans aucune justification apparente.
Cette procédure, loin de rassurer l’ensemble de ces jeunes universitaires chômeurs, a suscité de vives critiques et soulevé des interrogations quant à l’équité et à la transparence du processus de sélection.
En effet, le logiciel de gestion de L’ANEM serait chargé de trier les demandes d’emploi des postulants qui sont inscris au niveau de l’Agence, en fonction de certains critères prédéfinis, tels que le niveau de qualification, l’expérience professionnelle ou encore la proximité géographique avec l’employeur.
Si cette méthode peut sembler efficace en théorie, elle soulève par contre de nombreuses questions quant à sa fiabilité et à son impraticabilité.
De nombreux postulants se plaignent, en effet, de ne jamais être sélectionnés pour des offres d’emploi, malgré leur qualification et leur expérience.
Certains pensent même que le logiciel de gestion de l’ANEM favorise certains postulants au détriment d’autres, alimentant ainsi un sentiment d’injustice et de désarroi parmi ces jeunes universitaires chômeurs. Et si, certains d’entre eux ont eu la chance de se voir proposer un emploi, la réalité est souvent bien différente à leurs attentes.
Effectivement, nombreux sont ceux qui se retrouvent avec des offres d’emploi non-conformes à leur diplôme et à leur qualification, jetant ainsi un voile d’ombre sur leur réussite apparente.
Ainsi, des architectes se voient proposer des postes de femmes de ménage, des ingénieurs en génie civil se voient par contre proposer des postes de vendeurs dans des magasins d’alimentation générale ou employés dans une crèche, alors que des informaticiens se voient proposer des postes de manutentionnaires.
Une situation absurde et injuste, qui témoigne d’une méconnaissance totale des compétences et des aspirations des demandeurs d’emploi.
Face à ces propositions indignes, de nombreux demandeurs d’emploi ont logiquement refusé ces emplois précaires et sous-qualifiés. Mais, au lieu de les accompagner dans leur recherche d’emploi, l’ANEM a choisi de suspendre leurs allocations chômage, les laissant ainsi sans ressources et sans aucun moyen de subsistance.
Ceci met, indubitablement, en évidence les failles d’un système à bout de souffle, incapable de répondre aux besoins et attentes des demandeurs d’emploi, en particuliers aux jeunes diplômés de la wilaya de Biskra.
Il est impératif, que des mesures soient prises pour reformer en profondeur ses méthodes de sélection et de gestion au niveau de l’agence ANEM de Biskra, afin de garantir un traitement juste et équitable pour tous.
Il est temps que l’ANEM assume sa responsabilité et remplisse pleinement sa mission d’accompagnement et de placement des demandeurs d’emploi.
Il en va de la dignité et de l’avenir de toute une génération de jeunes universitaires chômeurs, en quête d’opportunités professionnelles dignes de leurs qualifications et de leurs compétences.
Bensalah Nabil










