La tomate industrielle, qui a été, à une certaine époque, l’une des cultures phare de la wilaya de Jijel, a enregistré un grand recul avec l’apparition de problèmes de commercialisation et l’arrêt de l’unité de transformation d’El Achouat, qui a donné des sueurs froides aux agriculteurs entièrement à sa merci.
D’aucuns espèrent que la remise en route prochaine de cette unité sous sa nouvelle dénomination et appartenance (Jumagro de la joint-venture publique Agrodiv-Madar), contribuera à redonner confiance aux agriculteurs pour se remettre dans cette filière.
Du côté de la Chambre d’agriculture de la wilaya (CAW) de Jijel, pour rassurer encore les agriculteurs, on espère lancer la technique de séchage de la tomate industrielle pour libérer l’agriculture des craintes relatives à la commercialisation de la production. A ce propos, et dans le cadre des opérations de vulgarisation et de sensibilisation envers cette filière, qui a fortement marché avant les années 2000, la CAW a organisé, les 15 et 16 janvier 2024, une session de formation autour de la culture et le séchage de la tomate industrielle au niveau de la Coopérative apicole de Kaous.
Cette formation a été encadrée par des enseignants de l’institut Itmas de Guelma. L’objectif est clair: lancer cette technique de séchage de la tomate pour contourner certains écueils qui ont découragé les agriculteurs locaux qui s’étaient investi un certain temps dans cette filière.
Yacine Zedam, Sg de la CAW, que nous avons rencontré, nous dira que «le maillon faible de toute la filière de la tomate industrielle à Jijel, est l’unité de transformation.» Il ajoutera qu’«en 2019, nous avons enregistré le pic de production. Malheureusement, les agriculteurs n’ont été payés qu’en 2022, avec des boîtes de tomate concentrée.» «Les agriculteurs, regrettera-t-il, se sont retrouvés à écouler les lots de boîtes de tomate concentrée dans les marchés». Le Sg de la CAW conclura que «ce sont les manques à gagner qui les ont lourdement pénalisés. Beaucoup d’agriculteurs se sont tournés vers la culture de la fraise et de la pastèque.»
Des cultures qui arrivent à leur assurer un revenu respectable, et les éloignent du risque de pourrissement du produit sur les remorques. Le balancement vers la fraise est intervenu juste après le pic de 2019, remarquera notre interlocuteur. Avec l’accompagnement, on a réussi à faire travailler chaque lopin de terre.»
Quant à l’éventualité d’exporter des quantités de fraise à l’étranger, M. Zedam expliquera qu’«un programme a été mené avec les agriculteurs pour leur inculquer les bonnes pratiques agricoles. Mais, ce sont des méthodes qui reviennent chères au propriétaire de l’exploitation parce qu’il doit investir et payer plus chers certains produits.» Des produits qui sont plus appropriés, notamment en matière de DAR (délai avant récolte).
Pour ce qui est de cette relance, notre interlocuteur indiquera qu’il va y avoir «une exploitation de démonstration avec trois variétés de tomate sur une parcelle d’un hectare, localisée à la commune d’Oued Adjoul. L’objectif de ce créneau alternatif vise clairement à encourager les agriculteurs à revenir vers cette culture, et de ne plus compter exclusivement sur les unités de transformation en concentré de tomates qui, par le passé, les avaient poussés à déserter la filière. Ça sera, peut-être un salut pour les producteurs de tomate industrielle».










