Des espaces communaux et d’autres domaniaux sont quotidiennement transformés en propriétés privées pour former ensuite des agglomérations illicites. A la cité Mezghiche, non loin du terrain Hadj-Mahmoud, des dizaines d’arbres séculaires ont été abattus pour mieux gérer l’extension d’un bidonville. Lequel bidonville a ses promoteurs, ses manœuvres, ses vendeurs de matériaux de construction, ses gardiens et ses complices. Le tout se passe sur un bien de l’Etat. Mieux encore.
L’un des citoyens ajoutera ceci: “Ce que vous dites est incomplet, les marionnettistes des constructions illicites ont leurs guetteurs et leurs potentiels émeutiers qu’ils mobilisent lors des opérations de démolition”. De visu, le site prévu, une dizaine d’années auparavant, pour abriter un espace de détente, est dans un état d’anarchie totale. Une récente opération d’assainissement des lieux menée par les services de l’APC n’a pas produit les effets escomptés, puisque plusieurs cas de retour ont été signalés. A quelques encablures de Mezghiche, c’est le terrain Ghellouci qui est victime d’une véritable razzia menée par les prédateurs du foncier qui semblent avoir plus d’un coup dans leur besace.
Des habitants de ce même quartier ont révélé au journal quelques procédés mis en application par les constructeurs des bâtisses informelles. “Tout commence par l’ouverture d’un sentier dans ces espaces forestiers… Suivra une destruction graduelle et imperceptible de la flore pour aboutir après moult autres détails vers la création d’une concentration de logis de fortune qui prennent au fil des mois la forme de constructions habitables”, a laissé entendre l’un d’eux. Le cimetière municipal, situé dans cette même partie, et qui s’étend aux confins des cités Bendada et Ain-Ouaallah, n’a pas été épargné par cette irréversible avancée des constructions illicites.
Plusieurs centaines de mètres carrés ont été grignotés par d’indus constructeurs et les voies d’accès du côté Nord ont complétement disparu. Au quartier tentaculaire Ibn-Rochd et malgré les grandes opérations de relogement menées tout au long de ces dernières années, le phénomène persiste. C’est au-delà d’une falaise mitoyenne que la nouvelle vague des recycleurs du foncier prospèrent depuis seulement deux années. Un fermier a fait part de son inquiétude face à l’avancée des bidonvilles.
«Nous allons nous résigner un jour ou l’autre face à ce phénomène ravageur qui n’épargne ni propriété publique, ni privée. Nous avons à choisir entre la délocalisons de notre activité agro-pastorale ou la transformation de notre terre agricole en espace urbain”, a-t-il indiqué. Le long de la route nationale N°16, en allant vers la commune de Zaârouria, des groupes familiaux improvisent portails, barricades, fils barbelés et chiens de garde sur des espaces forestiers et s’arrogent tous les droits, dont celui de la destruction des arbres et la transformation du poumon de la région en zone de construction à ciel ouvert.
Par : Abderrahmane D.










