En dépit des promesses d’apaisement du ministère du Commerce et celles de l’Algérienne des viandes rouges (Alviar), ressassées quelques jours avant le mois de Ramadhan, la viande rouge importée est quasiment inexistante sur les étals des bouchers ! Il y a certainement une lenteur inquiétante dans le processus de distribution sur les points de vente.
On apprend, de source fiable, que la vente de ce produit se fait le matin, avec la livraison de quantités insuffisantes vite écoulées à 1.200 DA le kilo, provoquant du coup une ruée et des chaînes interminables devant les points de vente et principalement à Viva Mall et la Colonne, au centre-ville. Après 9 heures du matin, aucune trace de la viande rouge importée, les consommateurs qui se rappliquent tardivement et en masse en quête de cette matière très prisée pour la préparation des repas du ftour, apprennent à leur dépends que tout a été écoulé.
La majorité quittent les lieux, avant même de stationner et rentrent bredouilles. ” La viande importée explique, un responsable d’une association de consommateurs, nécessite de ce fait, des réseaux de distribution efficace et ce, en mode d’alimentation progressif, pendant un mois ou deux avant le mois sacré de Ramadhan pour stabiliser l’offre. Aujourd’hui, l’on constate l’arrivée de la viande rouge en catimini avec des quantités règlementées et sans disposition de stockage en place. Ceci ne peut avantager le paramètre de sa disponibilité à longueur de journée et par là, gagner la confiance du consommateur”.
Ceci dit, tout marché qui offre une quantité insuffisante d’un produit rare cause une flambée de prix dans une règle générale et, puisque l’État a plafonné le prix à 1.200 DA le kilo de viande rouge importée au préalable, il provoque dans ce cas, eu égard à la cherté de la viande locale, la grande ruée vers les points de vente et faire le pied de grue dans des chaînes avilissantes d’un autre âge. Nos ministres et nos responsables doivent descendre sur le terrain et côtoyer les marchés et, pourquoi pas, faire la chaîne pour observer de visu les terribles pressions sur les denrées alimentaires de première nécessité et apprécier, à juste titre, la flambée vertigineuse des prix des poulets, de la viande, des fruits et légumes. Ainsi, ils peuvent jauger d’eux-mêmes la teneur des propos dénués de logique et de retenue, ressassés sur les plateaux de télévision. Les citoyens algériens se demandent chaque année quelles sont les raisons qui poussent les autorités à multiplier les déclarations erronées et jamais vérifiables, quant à la disponibilité des produits de large consommation et vanter les bienfaits de la stabilité de l’offre et de la demande. Alors, chaque année, aussi paradoxal que cela puisse paraître, à la même période et ça – se renouvelle -, la spéculation bat son plein. Des marchés s’inventent en divers endroits de la ville et, surtout dans la périphérie, où on expose, dans des conditions d’hygiène lamentables, des produits de consommation (fromages, beurres, huiles, viandes…etc.). Les prix s’envolent de telle façon que les petites bourses ne savent plus comment faire face aux besoins les plus élémentaires. ” Notre pouvoir d’achat dégringole et s’effrite inexorablement, lance Amar, universitaire de son état, et il est impossible qu’il soit du fait de la loi universelle de l’offre et de la demande. Ce dérèglement commercial provient d’un dysfonctionnement profond du système économique en place. “Ceci pour résumer, en un mot, l’abîme qui sépare le discours théorique d’autosuffisance à la dure réalité que subissent les citoyens.
Par : Ahmed B.










