Hier matin, le verdict concernant les auteurs du terrible évènement de l’attaque du commissariat extra muros de Sidi Salem a été rendu, via Skype, pour des raisons évidentes de sécurité, par le juge près le tribunal d’El Hadjar. Des condamnations sans appel ont été prononcées à l’encontre des 59 inculpés, ainsi qu’aux 3 individus toujours en fuite et absents lors du procès, qui ont été condamnés à 20 ans de prison par contumace et deux millions de dinars d’amende, au même titre que huit prévenus pour plusieurs chefs d’inculpation, notamment entrave au fonctionnement d’établissement public en utilisant des armes avec menaces et agressions violentes envers les forces de l’ordre dans l’exercice de leurs fonctions.
Mais aussi incitation à un rassemblement armé et participation à de violents affrontements, réunion de gangs, coups et blessures et dégradation de biens. Alors que 45 détenus, dont leur participation est avérée aux événements de l’attaque du commissariat, ont écopé de 15 ans de prison ferme, assortis d’une amende d’un million de dinars pour certains chefs d’inculpation cités plus haut. Alors que la dénommée D.C qui, elle, a bénéficié de l’abandon de cinq charges pour ne garder que la non-dénonciation. La mise en cause a été condamnée à 5 ans de prison ferme. Par ailleurs, une dizaine de détenus ont été condamnés à trois ans de prison ferme pour rassemblement armé, la peine la plus minime. À l’issue de cette sentence, des cris d’hystérie des mères de détenus qui criaient aux alentours du tribunal, après avoir pris connaissance du lourd verdict. Une maman, nous dira en sanglots : « Mon fils n’a rien fait de grave, il ne méritait pas un tel sort ».
Mais pour beaucoup, « La guerre des gangs est une menace pour la paix civile ». Depuis quelques années, l’État a déclaré la guerre aux gangs de quartiers. Une nouvelle législation est entrée en vigueur depuis 2020. La nouvelle loi prévoit « une peine d’emprisonnement de trois à dix ans et une amende de 300.000 à 1 million de dinars à l’encontre de quiconque crée ou organise une bande de quartier, s’enrôle ou participe, sous quelque forme que ce soit dans une bande de quartier. La peine peut aller jusqu’à 20 ans. Ladite loi consacre une amende de 1 à 2 millions de dinars ». La sentence prononcée, hier, lors du verdict des assaillants du commissariat de Sidi Salem, n’est en quelque sorte que l’application à la règle d’une loi en vigueur.
Par : A.Ighil










