Dans un contexte social des plus difficiles avec l’érosion du pouvoir d’achat et l’augmentation du nombre des familles nécessiteuses, la « Rahma » est inscrite aux abonnés absents à El Milia. Au début du mois sacré du ramadhan, un seul restaurant de la « Rahma » a été ouvert dans cette commune de 100.000 habitants. La surprise a d’ailleurs été telle que la liste dévoilée par les services concernés ne comporte qu’un seul restaurant qui a été agréé pour l’ouverture dans cette commune, classée deuxième de par sa taille et son importance après Jijel. Selon les services de la direction de l’action sociale et de la solidarité (DASS) de la wilaya de Jijel, un deuxième restaurant a toutefois été ouvert, quelques jours après.
En comparaison avec Jijel et Taher, les deux autres grandes communes de la wilaya, chacune d’elles a ouvert 8 restaurants pour servir des repas aux démunis. Autant dire qu’à El Milia l’action associative a brillé par son absence dans ce mois censé être de l’entraide et de la « Rahma ». Interrogé à ce sujet, un responsable local, qui s’est dit lui-même étonné de cette absence, a indiqué que le mouvement associatif ne s’est pas manifesté pour se lancer dans cette action.
Le hic est que cette commune compte de nombreuses associations de quartiers ou à caractère religieux, sportif et culturel qui auraient pu s’inscrire dans la démarche d’ouvrir des restaurants pour venir en aide aux démunis. Au bout du compte, seul un citoyen, gérant un modeste restaurant à la rue Zighoud Youcef, en plein centre-ville, et des bénévoles, à la cité Meghriche, ont pris l’initiative de demander l’autorisation de servir des repas durant le mois de Ramadhan. Quant aux acteurs de la société civile qui se manifestent en grand nombre dans d’autres circonstances, ils n’ont pas jugé utile de s’inscrire dans cette œuvre de bienfaisance. Toutefois, certains estiment que c’est la procédure d’ouverture de ces restaurants qui a dissuadé plus d’un à s’inscrire dans cette démarche.
Entre l’argument des uns et des autres, c’est le mouvement de la société civile qui en prend un coup, dans cette commune qui a enregistré une défection de l’initiative citoyenne. La non-implication des citoyens ou des associations, censées les représenter dans cette action de bénévolat, n’est pas passée inaperçue, surtout que les pouvoirs publics ont fait du mouvement associatif un partenaire privilégié. Il convient de souligner que pour l’ouverture des restaurants de la « Rahma », la DASS exige d’avoir un espace où cuisiner et un strict respect des règles d’hygiène. Il suffit juste, à ce titre, d’avoir une cuisine dans un espace, fut-il de taille réduite, et quelques chaises pour pouvoir ouvrir ces restaurants. En plus de l’espace, l’hygiène est le critère principal pour s’inscrire dans cette action de préparer et servir des repas aux démunis. Dans la wilaya de Jijel, 15 communes ont vu l’ouverture de 36 restaurants de la « Rahma » par des associations et des citoyens bénévoles sur les 40 demandes déposées à la DASS.
S’ajoutent à cela 43.900 personnes qui ont bénéficié de la subvention de 10.000 DA octroyée aux familles nécessiteuses. Il reste à constater avec regret que ni le Croissant rouge algérien, ni le mouvement des Scouts, ni même les nombreuses associations de mosquées, de sport et de quartiers, représentant le mouvement associatif dans son ensemble, n’ont pas daigné prendre part à l’action de solidarité pour venir en aide aux nombreuses familles qui sont dans le besoin dans la commune d’El Milia. La défection citoyenne est flagrante !
Par : Amor Z










