Classée site Ramsar en 2003 avec une superficie de 600 ha, dont une partie marine de 200 ha, la zone humide de Beni Belaid, à une quarantaine de kilomètres, à l’Est de Jijel, est en péril. La sonnette d’alarme de l’agression du site par de multiples facteurs a, pour la énième fois, été tirée, ce mardi 21 mars, à l’occasion de la visite du secrétaire général de la wilaya de Jijel, Kamel Berkane, accompagné d’une délégation des autorités de la wilaya dans le cadre des célébrations de la journée mondiale de l’arbre.
Sur les lieux, une ingénieure chargée de la protection de la flore et la faune à la Conservation des forêts a donné des explications sur les efforts de protection de cette zone. L’absence de tout financement a toutefois compromis ces efforts, ce qui risque de fragiliser davantage les écosystèmes du lac. Ce dernier a d’abord été classé comme réserve naturelle nationale en 1997 par arrêté du wali, avant son classement site Ramsar en 2003. En dépit de ce classement, le lac de Beni Belaid, connu des scientifiques et des universitaires à l’échelle mondiale, a subi des dégradations portant atteinte à son intégrité et la richesse de son écosystème. Entre autres facteurs qui ont contribué à cette dégradation, les spécialistes citent le surpâturage, l’envasement, le braconnage, en plus de l’empiétement sur un site fragile. Des tentatives de sa protection ont toutefois contribué à limiter les dégâts causés au lac par le biais de la réalisation d’un projet de réhabilitation par de modestes moyens. C’est ainsi qu’une clôture de 3 km a été réalisée et des puits ont été creusés au profit des agriculteurs de la région pour leurs besoins d’irrigation pour éviter le pompage de l’eau, en plus de la création de 4 postes d’observation et une maison d’accueil.
Un espace de détente a même été aménagé pour limiter la surfréquentation du site. L’érosion éolienne a cependant conduit à la dégradation de ce site, contribuant à son envasement et causant la perte de sa superficie. Pour faire face à cette situation, un projet test a été lancé en 2018 par le biais d’une initiative locale pour la fixation des dunes.
Dans la première phase de ce projet, il a été question de la reconstitution mécanique des dunes par des palettes en bois acquises auprès de certaines entreprises. La fixation biologique dans le cadre du même projet a consisté en la multiplication des plantes de l’Oya et du lys maritime ou lys de mer dans la pépinière administrative de la Conservation des forêts. Cet effort a fini par donner des résultats rapides et probants, constatés par la réapparition et le retour de certaines espèces et la nidification dans le site réhabilité. Cette opération n’a pas suffi à réhabiliter totalement un site resté fragile et dégradé.
Sa restauration dépend d’un financement qui reste à obtenir, soit par des subventions de l’Etat, à l’exemple de ce qui se fait pour les associations, ou par le biais d’un sponsor de la part des entreprises locales. Ce financement permettra de lancer un nouveau projet pour la protection de toute la zone par la réalisation d’une clôture, la mise en place d’un portail d’entrée et des panneaux d’information. La canalisation des visites et la reconstitution des dunes sont des opérations retenues dans le même projet qui reste encore à financer pour sa réalisation. Il est prévu dans la même projection la création d’un musée et la restauration des postes d’observation. La concrétisation de ce projet est inscrite dans l’ordre de préoccupations pour la protection et la réhabilitation définitive d’un site qui risque de perdre son classement Ramsar s’il continue de subir les dégradations constatées.
Par : Amor Z










