Par : Fatima Zohra Bouledroua
A l’occasion du soixantième anniversaire de l’indépendance et, en ce jour particulier de commémoration des évènements du 17 octobre 1961, nous rendons hommage aux femmes et hommes qui se sont sacrifiés pour le pays, sans pour autant oublier les artistes qui œuvrent pour la préservation de la mémoire nationale. Zoom sur l’un d’entre eux, le réalisateur et journaliste Abdelbaki Sellai, un passionné du film documentaire historique.
Ancien journaliste d’El Jazeera Documentaire, Abdelbaki Sellai est un réalisateur aguerri. Il s’intéresse aux personnalités marquantes, aux évènements phares de la résistance populaire et la guerre de libération nationale. Il contribue à sa manière, grâce à son savoir-faire technique et artistique, à la réalisation de films documentaires historiques, aidant ainsi à la préservation de la mémoire nationale.
Reçu au siège du quotidien régional Le provincial, le réalisateur déclare : « Le soixantième anniversaire de l’indépendance est une occasion pour mettre en lumière tous les travaux sur notre glorieuse révolution et résistance populaire, elle crée de nouvelles opportunités à toutes celles et ceux qui veulent contribuer à la construction d’une mémoire nationale solide et dense ». Il note : « Je mets toute ma compétence au service de cette orientation stratégique du président de la République, tant notre histoire est riche et dense et constitue une matière inépuisable pour le cinéma ».
L’une des principales qualités du réalisateur est sa curiosité. Il ne lésine devant aucun obstacle pour mettre en exergue des faits historiques peu et mal connus. Mieux encore, il est capable d’aller en profondeur dans sa recherche pour réaliser plusieurs travaux sur une même institution. L’association des Oulémas musulmans a été passée au peigne fin par Sellai. Un film documentaire a été réalisé sur Abdelhamid Benbadis ”L’Imam de la Nation”, en plus d’une série de douze courts métrages sur des personnalités de ladite association titrée « Des hommes dans l’histoire de l’association des oulémas musulmans ».
Abdelbaki Sellai est expérimenté. Passionné de films historiques, son palmarès compte de nombreux documentaires. Nous citons : « Lakhdar Bentobal, parcours et destinée », « Abdelhafid Boussouf, mythe des renseignements algériens », « La zaouia Hamlaouiya, source de pureté spirituelle ». « Boumerdès, Hodn el hourya »…etc.
Beaucoup d’efforts avant la réalisation !
« Le travail avant la réalisation est colossal » explique Abdelbaki sellai, il rajoute : « Le film documentaire démarre d’une idée innovante et réalisable du point de vue de la disponibilité des archives. Sans ça, le film documentaire historique pourrait se transformer en un simple documentaire télévisé ».
Le réalisateur note l’importance de puiser aussi dans le fond des bibliothèques à tous les niveaux, d’avoir un carnet d’adresses important pour pouvoir compléter les informations manquantes et arriver à collecter témoignages et récits de vies. La recherche pour Sellai est une étape primordiale, car le film documentaire historique réalisé deviendra une référence.
Le traitement des éléments recueillis lors de la recherche est une phase importante pour avoir un bon financement. Dès lors, le plan de travail est fait et le tournage suivra. La composition de la musique du film est également une étape à enjeux multiples.
Perspectives et obstacles
Le documentaire « Khansa Mila », qui raconte l’histoire d’une femme considérée comme étant l’une des figures emblématiques de la révolution dans la région de Mila, est lancé. Un drame historique entre fiction et réalité qui retrace l’aspect psychologique de cette dame qui a perdu 7 de ses enfants, tous ont donné leurs vies pour la liberté du pays.
Une femme qui lutte contre ses états d’âme pour la survie au quotidien dans un corps affaibli, emprisonnée dans une âme meurtrie. Les flash-back de la disparition de ses enfants la cloisonnent dans un monde de souffrance.
Le réalisateur note également le démarrage du documentaire « Hajer Abou Dinar ». Ces deux projets ainsi que d’autres sont retardés par manque de financement. C’est bien dommage que ces projets attendent si longtemps alors qu’on devrait les booster, tant la touche de Abdelbaki Sellai est créative et permet aux jeunes de découvrir leur propre histoire.
Abdelbaki Sellai sera prochainement à Annaba pour présenter son film « Boumerdès, Hodn el hourya » pour les jeunes annabis. Il considère que la mission du réalisateur est, aussi, de participer à la sensibilisation à l’importance des films historiques pour l’identité nationale.
Il est à noter que Abdelbaki Sellai est journaliste de formation, il a poursuivi des études de magister en économie. Il a travaillé dans de nombreux quotidiens nationaux avant de rejoindre, en 2005, l’équipe de la chaîne thématique d’Al-Jazeera documentaires, où il a contribué à la réalisation de nombreux reportages. Réalisateur, scénariste et producteur, il est revenu en Algérie pour servir son pays et faire profiter les jeunes de son expérience dans le milieu de l’audiovisuel et dans le domaine de l’histoire. Il poursuit l’accomplissement de ses objectifs malgré les aléas du métier et les difficultés rencontrées, notamment à cause de la crise sanitaire. Sellai est un réalisateur qui a beaucoup donné et continue à avancer pour faire briller davantage notre belle histoire. Sacré dévouement !










