Par : Adam S
Pendant que la ville d’El Milia demeure plongée dans un état d’une totale anarchie, qui s’est accentuée par l’ouverture des chantiers de rénovation des réseaux d’assainissement et d’AEP, rendant impraticables ses routes, le P/APC Omar Mekkiou, prône une nouvelle approche dans la gestion de cette commune. Moins d’une année après son arrivée aux commandes des affaires locales, il s’affaire toujours à trouver le bon filon pour lancer son action. C’est ce qui semble retarder la prise en charge des préoccupations des citoyens, qui s’impatientent de voir les élus locaux passer de l’état d’inertie qui caractérise la gestion de cette commune à du concret pour résoudre les problèmes soulevés. S’il est conscient de l’urgence de la situation, notamment la réhabilitation du chef-lieu de cette commune et de son cadre urbain, l’homme trouve tout son temps pour préparer un véritable plan d’action pour la relance du développement local. C’est à ce titre qu’il se montre très critique à l’égard de la gestion du « fait accompli » ou de « l’état existant », pour reprendre ses propres termes, durant les mandats précédents. Selon lui, cette improvisation dans la gestion n’a pas permis à cette municipalité de profiter de l’opulence financière des années fastes quand l’argent ne manquait pas pour lancer des projets de développement. Pis encore, il trouve que cet argent a été mal investi dans des travaux liés à des opérations qui n’ont guère profité à l’amélioration du cadre de vie des citoyens. Dans une discussion à bâtons rompus dans son bureau, l’homme n’a pas hésité à s’étaler sur l’approche qu’il prône et affiche un plan d’action ambitieux. Toutefois, ce plan est encore en gestation et il risque de prendre du temps pour se concrétiser. Qu’à cela ne tienne, puisque Omar Mekkiou s’en tient à son idée et énumère les préoccupations de la population de la commune qu’il gère. Il recense trois grandes priorités, à savoir la réhabilitation du centre-ville d’El Milia, le lancement de projets pour les besoins de loisirs et des opérations d’alimentation en eau potable et du gaz naturel des localités rurales. Pour ce qui est de la réhabilitation du centre-ville, cette préoccupation est inscrite à l’ordre du jour, sauf qu’il la conditionne par l’achèvement des travaux en cours. Selon son explication, cette opération qui devrait intervenir d’ici la fin de l’année, concerne des travaux de remise en état dans certains parcours et une rénovation totale des tronçons les plus endommagés. L’axe principal retenu pour ces travaux s’étend du rond-point de jonction entre les RN 27 et 43 jusqu’à la route de Skikda, en passant par le centre-ville. L’autre priorité soulevée par le P/APC est liée à la réhabilitation de jardins publics, notamment celui de la gare routière, qui n’a guère, déplore-t-il, fait l’objet d’une inscription dans le patrimoine de la commune.
Il convient de rappeler que ce jardin a fait couler beaucoup d’encre avant que son dossier, qui a longtemps traîné dans les couloirs de la justice, ne trouve son épilogue. Sauf que ce dénouement a été en faveur de l’entreprise chargée de la réalisation de ce jardin, resté abandonné durant plus d’une décennie. Pour sa réhabilitation, le P/APC compte en faire un espace de loisirs par le biais d’une opération d’adjudication. L’idée est également en gestation et il reste à passer au stade de sa concrétisation pour sauver cet espace des griffes de la délinquance, qui en a fait un nid de certains fléaux, surtout qu’il se trouve à proximité de la gare routière. Reste enfin, l’autre priorité du P/APC qui est liée à la prise en charge des préoccupations soulevées par la population des différentes mechtas relevant de cette commune.
Le développement en marche
Une dizaine de localités rurales sont, en effet, à raccorder en eau potable et au gaz naturel, selon ce qui est retenu. Si des études sont lancées pour la concrétisation de ces projets, l’argent ou les enveloppes financière nécessaires à leur concrétisation restent encore à débloquer. Cette préoccupation est à prendre en charge par les autorités de la wilaya de Jijel qui devront l’inscrire dans leurs priorités, d’autant qu’elle concerne la couverture en gaz et en eau de certaines zones d’ombre. Sur sa lancée, Omar Mekkiou recense une dizaine d’opérations d’amélioration urbaine, dont cinq sont lancées et quatre sont en phase de lancement pour la réhabilitation de certains quartiers et agglomération rurales, dont la zone d’ombre de Beni Ferguene. Celle-ci a bénéficié de l’ouverture, dans des conditions difficiles, selon notre interlocuteur, de sa plage durant la dernière saison estivale, trente ans après sa fermeture. Toutefois, cette ouverture avec les moyens de bord, selon les mêmes explications, reste un acquis pour la réhabilitation de cette région, retenue pour une zone d’expansion touristique (ZET), qui reste également à concrétiser. Dans le volet de l’investissement, c’est un ratage qui est déploré par notre interlocuteur, qui énumère avec regret des projets qui ont fait perdre des lots de terrains dans le patrimoine foncier de la commune. Des projets d’hôtel, de centres commerciaux, de cliniques médicales, sont à ce jour non concrétisés, selon ce que ce responsable a soulevé. À la place de certains de ces projets, des restaurants et des cafés ont pris forme, détournant de leur vocation les lots accaparés au nom d’un faux investissement. C’est aussi le cas de ce projet de la forêt récréative, retenu pour la réalisation sur les hauteurs de la ville, au niveau de la route de contournement, reliant les RN 27 et 43. Après plusieurs années de leur lancement, les travaux de ce projet se poursuivent sur un rythme qui n’augure guère de leur achèvement dans des délais déjà dépassés. Dans le chapitre du programme retenu dans le cadre d’un plan d’action à concrétiser à moyen et à long terme, le premier responsable de la commune d’El Milia projette la création d’un plan d’aménagement urbain (PDAU) avec de nouveaux plans d’occupation du sol dans les localités de Bouchams et Akharouf. Cette projection porte sur l’extension de la ville qui n’a plus aucune poche pour bâtir la moindre infrastructure. La seule extension qui s’est concrétisée a eu lieu au niveau du pôle urbain d’Asserdoune, qui a reçu ses premiers habitants, il y a près d’une année. D’une superficie de 134 ha, ce pôle est prévu pour la réalisation d’un total de près de 3.800 logements, toutes formules confondues, en plus de recevoir des équipements publics, dont des infrastructures de loisirs, de sport, de santé et scolaires. Au-delà de ce programme qui reste à lancer et mettre en œuvre, la commune d’El Milia est dans l’urgence d’une prise en charge réelle de ses multiples préoccupations. Si l’improvisation qui a caractérisé sa gestion n’est plus à l’ordre du jour, selon son premier responsable, l’urgence est signalée dans la réhabilitation d’un centre-ville, tombé dans l’extrême anarchie et l’impraticabilité de ses routes et trottoirs. Le P/APC rappelle, à cet effet, qu’à l’issue d’une audience que lui a accordé le chef de la daïra, l’ex-wali a promis l’inscription et la réalisation d’une opération d’amélioration urbaine pour la réhabilitation du centre-ville. Nommé à la tête de la wilaya de Jijel, suite au dernier mouvement décidé par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, Ahmed Meguellati est aujourd’hui interpellé pour prendre acte des problèmes de cette grande commune. Après de longues années de souffrance et de misère, voire de mépris à son égard de la part de responsables et d’élus qui se sont montrés indignes de la confiance placée en eux, la population locale n’a plus la force d’endurer plus qu’elle n’a supporté. Certaines voix au sein de la population locale se lèvent pour appeler le chef de l’exécutif à venir s’enquérir de ce triste état en visitant notamment le centre-ville pour avoir une idée de l’immense chantier qui reste à lancer pour la réhabilitation de cette ville, qui n’a plus rien à envier aux zones d’ombre les plus marginalisées.










