Par : Lilia
La crise de l’eau continue de prendre de l’ampleur à Annaba où les choses tardent à s’arranger. La distribution de l’eau connait d’importantes perturbation depuis plusieurs semaines maintenant et ce, à travers la totalité des communes de la wilaya.
L’économie locale est directement impactée par cette crise et, comme il est de coutume, le complexe Sider est le premier à en pâtir. Depuis vendredi, le haut fourneau du complexe est quasiment à l’arrêt. A cause du manque d’eau, l’activité de ce dernier est à son minimum, en attendant de refaire un stock d’eau permettant de reprendre à 100%.
Selon les prévisions des responsables des unités de production, le haut fourneau sera à l’arrêt durant les 10 jours à venir.
Cette pause pourrait être prolongée si des perturbations d’alimentation en eau plus importantes étaient enregistrées.
Pointée du doigt par les citoyens annabis, l’ADE se dédouane de toute responsabilité dans un communiqué publié hier et explique que le problème ne relève pas de son ressort.
La baisse du niveau d’eau dans le barrage de Chaffia serait l’unique raison de cette perturbation. Destiné à alimenter en eau la quasi-totalité de la wilaya, le barrage a connu une baisse de niveau importante et inattendue, compliquant ainsi le planning habituel de la distribution d’eau.
Il est important de rappeler que le barrage de Chaffia, en plus de représenter la principale source d’alimentation en eau pour la wilaya d’Annaba, doit également approvisionner la wilaya voisine d’El-Tarf.
A l’heure actuelle, le quota d’eau potable réservé à la wilaya d’Annaba, en provenance du barrage de Chaffia est soutenu par le barrage de Meksa d’une capacité de 60 millions de mètres cubes. Ce dernier alimente également la wilaya d’El-Tarf et n’est donc pas entièrement destiné à Annaba.
Par ailleurs, 40.000 m3 provenant des eaux souterraines, exploitées par le biais de forages, approvisionnent quotidiennement les communes d’Annaba, Chétaïbi, Tréat, El-Eulma, Cheurfa et Berrahal.
En marge de ce problème qui suscite le mécontentement de ses clients, l’ADE a relancé sa campagne de porte à porte pour inciter ses clients à s’acquitter de leurs factures.
Ayant reçu des directives, on ne peut plus strictes, les agents de l’ADE ont été sommés de couper les arrivées d’eau aux mauvais payeurs et de ne rétablir l’alimentation qu’une fois le reçu de paiement des factures présenté.
Suffisant pour 4 mois de consommation
La saison estivale avec la canicule enregistrée cette année a fortement contribué à la diminution du volume d’eau au niveau du barrage de Chaffia. Ce barrage mixte qui doit alimenter les populations d’Annaba et d’El-Tarf, les exploitations agricoles de la région ainsi que les besoins en eau de Sider a été mis à rude épreuve durant la saison estivale assurant un taux d’alimentation en eau jamais atteint jusque là.
Aujourd’hui, le barrage de Chaffia contient un volume exploitable de 22 millions de m3, soit un taux de remplissage de 16%.
Une quantité qui permet de tenir, avec le nouveau programme d’alimentation en eau potable, durant une période de 4 mois.
Le volume restant au niveau du barrage Meksa est, quant à lui, suffisant pour faire face aux besoins en eau de la population durant les mois à venir. Le rythme d’exploitation au niveau de ce dernier n’est donc pas perturbé par les derniers événements et continue d’être totalement fonctionnel comme à son habitude !
Il est important de savoir que ce dernier est soutenu par un barrage d’appoint destiné à le réalimenter en cas de baisse importante de volume.
Le barrage de Chaffia, chargé de couvrir les besoins de l’industrie locale, assure à Sider elle seule, une quantité d’eau quotidienne allant de 24.000 a 32.000 mètres cubes.
Les besoins en irrigation ont, quant à eux, nécessité 16 millions de mètres cubes d’eau depuis le début de l’année, au moment où la population a besoin de 86.000 mètres cubes d’eau potable en moyenne quotidiennement.
La crise hydraulique enregistrée ces dernières semaines est donc le résultat d’une reconsidération des besoins de la populations qui s’élèvent aujourd’hui à 50.000 mètres cubes journaliers. Le but étant de gérer la quantité restante au niveau du barrage sans pénaliser un secteur en particulier.
La direction des ressources hydrauliques de la wilaya rassure sur la situation et prévoit une prochaine amélioration, dès l’arrivée de la saison des pluies.
Une fois le volume moyen du barrage de Chaffia rétabli, les 86.000 mètres cubes, destinés jusque là à la wilaya, seront de nouveau distribués de manière quotidienne.
La station de dessalement de Berrihane qui aurait pu éviter ces mesures drastiques n’en est toujours qu’à la phase préliminaire. C’est la Sonatrach qui est chargée de la réalisation de cette station de dessalement qui demeure au point mort malgré l’engouement qu’elle suscite.










