Par : Khémissi Ameur
Les premières pluies automnales ont invité les derniers estivants à libérer les lieux de la petite ville balnéaire Chétaïbi qui a pris l’habitude de ne plus s’appartenir dès la fin juin. Chaque année, la mi-septembre annonce un retour progressif au calme, synonyme d’une solitude que n’apprécient pas tous les habitants. Si les commerçants et les loueurs d’appartements auraient souhaité que les vacances se prolongent indéfiniment (appât du gain oblige), bon nombre d’autochtones privilégient la restitution intégrale des espaces (plages, rues et autres sites de détente) le plus tôt possible. Les adeptes de la solitude ne se sont jamais accommodés de la foule et du tumulte qui la caractérisent.
Cette année, le report de la date de la rentrée scolaire a accordé un salutaire sursis aux vacanciers de la dernière heure, ceux de septembre s’entend. Indépendamment des contraintes des échéances (travail, école, fête…), certains estivants préfèrent ce mois en raison de la possibilité de se rendre en famille à la plage de leur choix. Celle dénommée Sable d’Or est et restera plus convoitée que les autres. Le jaune de son sable s’interpose entre le bleu de la mer et le vert de la montagne pour le bonheur des yeux. Un cadre naturel ressemblant quelque peu à la plage Oued Ghnem. Par contre, la Baie Ouest et la Fontaine Romaine, deux plages géographiquement opposées l’une à l’autre, forcent l’attrait autrement, par la beauté de leurs galets. L’afflux du mois d’août n’est pas apprécié par tous, même s‘il engendre une ambiance festive à nulle autre pareille. Notamment la nuit au niveau du boulevard Daoudi Bachir qui longe la plage principale pour atteindre le port. L’aménagement récent de celui-ci permet le rassemblement de beaucoup de gens, notamment des familles venues de diverses wilayas de l’Est du pays. Le boulevard ne désemplit pas, rendant la circulation des automobiles compliquée, ce qui amène parfois la Gendarmerie nationale à la limiter dans un seul sens.
La Place des martyrs (du temps de la période coloniale appelée « Monument aux morts ») a toujours été toute désignée pour les soirées musicales qui durent des heures au grand bonheur des gens de tout âge.
Si, le jour la plage principale est inévitablement colonisée par les baigneurs, la nuit elle revient de droit à des familles attirées par l’haleine fraîche de la mer et le doux clapotis des vagues, une musique naturelle n’ayant d’égal que le chant des oiseaux au mois de mai. D’ailleurs, beaucoup de jeunes y restent jusqu’au petit matin, préférant s’endormir sur le sable que sur un canapé entre quatre murs. Mais, comme tout a une fin, l’instant de l’au-revoir a sonné. Le rendez-vous est donné pour l’heure des premiers sourires de la saison estivale série 2023.










