Par : Chaffai Chawki
La ville d’Ain Beida est connue par la confection de l’un des meilleurs tapis du terroir, appelé “tapis des Haracta”. Par le passé, l’unité de fabrication de ce produit ancestral et rare, située sur la route de Khenchela, avait une réputation internationale puisque les artisans beidis participaient aux expositions du tapis à travers plusieurs pays en l’occurrence l’Irak, l’Iran, la France, l’Espagne, l’Italie, l’Egypte, les Etats-Unis, l’Allemagne, la chine, l’Angleterre, le Pakistan… Ces chefs d’œuvre, d’une qualité inégalable, sont exposés aussi dans les plus célèbres musées du monde où les visiteurs venus de partout sont accrochés par les dessins et les couleurs diaprées qu’ils renferment. Aujourd’hui, cette unité de production où travaillaient une centaine d’artisans chevronnés (hommes et femmes), est fermée depuis des années pour des raisons qu’on ignore et le personnel a hélas épousé d’autres activités pour survivre. Certaines femmes âgées et moins âgées tissent encore modestement des tapis chez elles pour les vendre lors des expositions artisanales ou durant les quinzaines économiques, organisées par les municipalités en été. Les estivants achètent ces produits à n’importe quel prix car on ne trouve plus, aujourd’hui sur les marchés, ce genre de pièces fabriquées en laine pure de mouton ou de dromadaire. “Nos tapis sont chers, messieurs, car ils sont naturels, par contre ceux qu’on importe d’Egypte et de Chine sont en matière synthétique.”, m’explique une vieille artiste du tapis chaoui. Cette dernière ajoute: “La matière première (la laine, le fil et les couleurs) est inaccessible, ce qui explique la cherté de ce produit sur le marché, alors nous exhortons les responsables de la direction de la culture et ceux de l’artisanat de nous aider pour acheter cette matière à des prix raisonnables et de vendre notre produit aux APC et aux institutions de l’Etat afin d’enlever les moquettes. La ville d’Ain Beida a besoin d’une inscription d’une unité de production moderne de tapis El Harkati afin de sauver ce patrimoine culturel.










