Le sommet se penchera sur le paiement des réparations aux Africains, étape concrète vers la réparation des torts historiques, les atrocités de masse commises contre les Africains et les personnes d’ascendance africaine.
Le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, a quitté, hier, la capitale éthiopienne, Addis-Abeba, après avoir pris part à la 38e session ordinaire du sommet des chefs d’Etat et de Gouvernement de l’Union africaine (UA).
La veille, il avait présidé le 34e sommet du Mécanisme africain l’évaluation par les pairs (MAEP), en sa qualité de président de ce Mécanisme, au cours duquel il a annoncé que l’Algérie avait décidé d’apporter une contribution volontaire d’un million de dollars pour soutenir ce Mécanisme. Le sommet, dont les travaux s’étaleront sur deux jours et auquel participeront des représentants de plusieurs organisations internationales et régionales, se penchera sur le paiement des réparations aux Africains, étape concrète vers la réparation des torts historiques, les atrocités de masse commises contre les Africains et les personnes d’ascendance africaine.
Les participants discuteront aussi d’un nombre d’initiatives visant à remédier aux injustices historiques découlant de la colonisation, de l’esclavage et de la discrimination systémique, notamment la reconnaissance historique, les réparations financières, la restitution des terres, la préservation culturelle, les réformes politiques, la responsabilité internationale et l’autonomisation des communautés. Les participants aux travaux de ce sommet ont, faut-il le préciser, salué les efforts du président Tebboune au service de l’Afrique.
Dans une allocution prononcée devant l’assistance, le président sortant de la commission de l’UA, Moussa Faki Mahamat, a salué le président de la République pour ses efforts au service du continent et le rôle de l’Algérie dans ce sens, rappelant qu’elle compte parmi les quatre pays fondateurs du MEAP. M. Faki s’est notamment félicité des résultats positifs réalisés par le mécanisme continental, citant les défis et menaces auxquels ce dernier sera confronté si certains pays persistent à ne pas appliquer ses recommandations.
Il a appelé, dans ce cadre, les pays membres de l’UA à adhérer au MAEP, notant qu’il regroupe actuellement 44 Etats en attendant l’adhésion d’autres «dans le but de consacrer l’inclusion et le développement durable». De son côté, la directrice générale du MAEP, Marie-Antoinette Rose Quatre a adressé ses remerciements au chef de l’Etat pour ses efforts pour la promotion de l’Afrique, se félicitant du travail accompli par les Etats africains réunis aux travaux du Sommet.
En dépit des pressions et défis auxquels le mécanisme fait face, ce dernier a réussi à réaliser des résultats positifs tangibles, a-t-elle fait savoir, avant d’ajouter «nous avons réussi aujourd’hui à tenir un Sommet en présentiel après cinq ans et avec nous, un rapport continental pour l’année 2025, outre l’élaboration du plan stratégique du mécanisme, conforme à l’agenda 2063 de l’UA».
Suprématie de la loi
Elle a souligné, en outre, que la gouvernance électronique a un impact significatif sur le développement du continent, se disant convaincue que grâce à l’appui qui lui est apporté, le MAEP «est un bon mécanisme de développement et de croissance au niveau du continent africain».
L’intervenante a, aussi, mis en avant la nécessité de recourir à la bonne gouvernance pour le règlement pacifique des conflits en Afrique, dans le cadre de la transparence et du respect de la suprématie de la loi, ajoutant «nous devons être leader en matière de bonne gouvernance car cette décennie doit être celle de la bonne gouvernance et non pas seulement une occasion de dialogue».
De son côté, la présidente du Panel d’éminentes personnalités du MAEP, Mme Inonge Lewanika-Mbikusita a estimé que la gouvernance constitue le fondement solide pour réparer les préjudices subis par les Africains, en dépit des défis multiformes auxquels ils sont confrontés en Afrique, notamment les infrastructures sous-développées, la lenteur des services publics, outre le changement climatique et la crise sanitaire, autant de facteurs de pression qui pèsent sur le continent.
Mme. Lewanika a appelé les participants à se féliciter des réalisations accomplies par le Panel, ajoutant : «Nous assistons à un renforcement de la démocratie, des économies et de l’innovation sociale. J’exhorte donc tout un chacun à renouveler notre engagement collectif pour construire des institutions qui répondent aux défis actuels. »
Elle a appelé, en ce sens, les dirigeants africains, les décideurs et les responsables politiques du continent à réaffirmer leur engagement à œuvrer pour un avenir où la gouvernance sera une réalité en Afrique, et à travailler par le biais de l’Union africaine pour façonner l’avenir du continent, «sur la base de l’unité, de la dignité et du progrès».
Pour sa part, la ministre éthiopienne de la planification et du développement et coordonatrice du mécanisme africain, Fitsum Assefa, a salué la contribution volontaire de l’Algérie, considérant qu’elle renforcera l’action du mécanisme et du Secrétariat général. «C’est une contribution importante de l’Algérie. Nous sommes reconnaissants en tant que représentants de l’Ethiopie et du mécanisme africain. J’encourage les autres pays à suivre l’exemple de l’Algérie pour apporter leur contribution», a-t-elle soutenu.
Le président du Forum national du MAEP du Mozambique, Lorenzo Astegiano, a, lui, affirmé que l’Algérie «est l’un des principaux pays contribuant au programme du MAEP». M. Astegiano a estimé que le Sommet d’aujourd’hui «est un moment très important pour réfléchir à l’avenir de notre continent, discuter de la corruption et de la gestion des ressources naturelles. La rencontre s’est très bien déroulée et a été très constructive ».
Akram Ouadah











