Tour le monde s’accorde à reconnaître que le Ramadhan 2023 s’est illustré par une montée hors du commun des prix des produits alimentaires ! Le citoyen lambda ne sait plus où donner de la tête pour acheter le strict minimum afin de permettre à la maîtresse de maison de préparer le f’tour qu’elle servira à la rupture du jeûne. En effet, nous entamons le dixième jour de carême et nous déplorons que les tarifs prennent une courbe ascendante, en dépit des appels des pouvoirs publics qui ont pourtant noyé les étals de produits indispensables. Selon Ammi Nasser, un retraité du secteur privé, la situation ne fait qu’empirer alors que durant les mois de Ramadhan précédents, c’était le contraire qui se produisait puisque les commerçants revenaient à des sentiments plus sages et plus humains ! Il fulmine : ‘’Comment tolérer que le kg de poulet soit proposé à 480-510 dinars, le kg d’oignon sec à 240 dinars, la plaquette de 30 œufs à 600 dinars, le kg d’oranges Thomson à 350-400 dinars ? Quant aux viandes rouges, c’est pire ! Qu’on en juge, le veau sans os à 2.400 dinars, l’agneau à 2.200 dinars, la brebis à 1.700 dinars, le chevreau à 2.000 dinars ! Nous sommes désarmés face à cette flambée des prix orchestrée par des commerçants sans scrupules, avides de gains faciles ! “. D’autres citoyens se mêlent à la discussion et affirment que les familles démunies sont devenues les otages de ces suceurs de sang !
Il est vrai que les étalages sont bien achalandés, mais ce sont les prix qui rebutent les clients. Nous avons assisté à des scènes pénibles dans des supérettes et des marchés du chef-lieu de wilaya et des communes limitrophes !
Des couples désargentés lorgnaient des quartiers de viandes rouges, des poulets, du foie, des fressures, des entrecôtes, des escalopes en poussant des soupirs ! De guerre lasse, ils ont dû se rabattre sur quelques ailes de poulet cédées à 400 dinars le kg, afin de faire bouillir la marmite de la maisonnée, alors que d’autres se permettaient de beaux morceaux de viande fraîche et des produits nobles !
Ce Ramadhan est particulièrement brûlant et hors de portée des familles modestes qui opèrent des tours de gymnastique pour remplir un tant soit peu le couffin pour préparer des mets simples et bon marché à la maisonnée. Il est hors de question d’acheter des bananes à 720 dinars le kg, des pommes locales à 500-700 dinars, des oranges à 400 dinars, des fraises à 460 dinars le kg ; ce sont ceux qui ont les moyens qui se permettent ce luxe !
La viande fraîche importée de l’étranger commence à devenir disponible puisque de nombreux points de vente sont désormais opérationnels. Cependant, selon de nombreux interlocuteurs que nous avons croisés en ville, les bouchers ne jouent pas le jeu correctement car ils ne respectent pas le tarif de 1.200 dinars le kg de viande bovine fixé par le ministère de l’Agriculture et du Développement rural ! L’on nous confie que les morceaux de premier choix sont vendus à 1.500 dinars et ceux de deuxième qualité cédés au tarif officiel. Le client n’est pas roi, le boucher lui impose ce qu’il veut et c’est à prendre ou à laisser ! D’autre part, l’oignon, produit indispensable à la cuisinière pour concocter ses plats, est proposé ce samedi à 240 dinars le kg ! Les consommateurs subissent ce diktat en espérant que la tempête s’apaisera ces jours-ci. De toute évidence, il n’est enregistré aucune pénurie de produits de première nécessité, mais les prix affichés ne sont pas à la portée du commun des mortels !
Par : Hamid Baali











