Entre nécessité, débrouillardise et premières expériences professionnelles, des milliers de jeunes, et moins jeunes, occupent la saison estivale autrement que dans la détente.
L’été, saison de tous les contrastes, ne rime pas pour tout le monde avec farniente et escapades. Si certains profitent de la chaleur pour s’évader, d’autres y voient une aubaine pour retrousser leurs manches. Étudiants, lycéens, chômeurs ou adolescents en quête d’argent de poche : ils sont des milliers à se lancer dans les petits boulots, avec ou sans expérience, sur les plages, dans les commerces ou dans les chantier et les champs de tomates.
Le numérique au service de la recherche d’emploi
Pour décrocher ces emplois temporaires, beaucoup de jeunes s’appuient désormais sur le numérique. Les réseaux sociaux et les plateformes en ligne jouent un rôle central dans la chasse aux petits boulots. Groupes Facebook, forums locaux, applications d’annonces : les étudiants et lycéens y scrutent les offres dans leur quartier ou les stations balnéaires voisines. La recherche d’emploi se digitalise, et cette nouvelle génération y trouve un accès rapide, parfois direct, à l’opportunité espérée.
Travailler dur, malgré tout
Mais tous ne trouvent pas leur place dans les métiers d’accueil ou de vente. Moins populaire, le travail de manœuvre – dans les chantiers ou les dépôts – reste une option pour les plus endurants, souvent attirés par la perspective d’un revenu immédiat. La livraison à domicile, elle aussi en plein essor, séduit une jeunesse motorisée, connectée et souvent familiarisée aux outils numériques. Si les conditions sont parfois difficiles, la rémunération rapide et la souplesse des horaires sont autant d’arguments qui les motivent.
Sur le littoral, les rois de la débrouille
À travers le pays, la débrouillardise prend le dessus sur l’oisiveté. Sur le littoral, des adolescents louent des parasols, vendent des glaces, gardent les voitures ou sillonnent les plages avec des paniers remplis de beignets, de boureks ou de figues de barbarie. D’autres proposent du thé brûlant sous un soleil de plomb. Dans les stations de bus, les marchés ou le long des routes, ils écoulent mouchoirs, bouteilles d’eau minérale ou mûres fraîchement cueillies. L’été devient pour eux un terrain propice à l’activité informelle.
Le tourisme, un vivier d’emplois
Le secteur touristique, en pleine effervescence pendant la haute saison, offre également de nombreuses opportunités. Les hôtels, restaurants et complexes de loisirs recrutent massivement des saisonniers : serveurs, caissiers, femmes de ménage ou agents de plage. Ces postes attirent particulièrement les étudiants qui y trouvent une expérience enrichissante et un revenu d’appoint. Certaines jeunes femmes se tournent vers la garde d’enfants, souvent au bénéfice de mères actives pendant l’été, ou encore vers les salons de coiffure, en tant que shampouineuses.
Dans les champs, une main-d’œuvre précieuse
À la campagne, l’été est aussi synonyme de récoltes. Dans plusieurs régions agricoles, des jeunes sont embauchés pour cueillir des fruits, ramasser les légumes ou trier les produits dans les exploitations. Si le travail est pénible et mal payé, il représente pour beaucoup une solution rapide pour se faire un peu d’argent tout en participant aux activités vitales du monde rural. Ces emplois agricoles, bien que précaires, restent une source non négligeable de revenus pour de nombreuses familles.
À chacun ses raisons
Améliorer la situation financière de la famille, s’occuper pendant les longues journées d’été, ou tout simplement échapper à l’ennui, chacun a ses raisons. Même si l’université est gratuite et que les œuvres sociales assurent logement, transport et repas, beaucoup de jeunes issus de milieux modestes voient dans ces petits jobs estivaux un complément indispensable. Pour certains, c’est même une première immersion dans le monde du travail, une étape formatrice vers l’autonomie.
Chaque été, cette jeunesse laborieuse réapparaît, discrète mais essentielle. Elle rappelle que, sous le soleil brûlant, l’envie de s’en sortir, de construire et d’apprendre, est parfois plus forte que celle de se reposer.
Par : Aly D










