Hier, à 16h, la scène du Théâtre régional de Constantine, Mohamed Tahar Fergani, a accueilli, pour la deuxième fois, la pièce théâtrale «Le Carnaval Romain», dans une atmosphère toujours aussi vibrante que lors de sa grande première, donnée jeudi 8 mai 2025 à 18h. Ce spectacle, l’un des derniers nés du Théâtre régional de Constantine, a su rassembler un public nombreux, venu applaudir une œuvre aussi poignante qu’engagée.
Mise en scène par la talentueuse Mouni Boualem, «Le Carnaval Romain» est une adaptation libre d’un texte de l’écrivain hongrois Miklós Hubay. La pièce explore les blessures profondes du monde artistique à travers le destin de Margit, une ancienne gloire de la scène, désormais oubliée et recluse dans un sous-sol de théâtre. Le rôle principal a été interprété, avec sensibilité, par Raja Houari, la comédienne originaire d’Annaba, dont la prestation a marqué les esprits par sa force et sa sincérité.
Aux côtés de Houari, le comédien Chaker Boulemdais, également assistant à la mise en scène, a incarné le directeur du théâtre confronté à un dilemme artistique. Ensemble, ils ont offert une leçon de théâtre d’une grande intensité, soutenus par une jeune troupe prometteuse et une scénographie signée Chahinaz Nagouache, qui a veillé au moindre détail visuel et dramaturgique.
La pièce ne se contente pas de raconter une histoire : elle livre une critique sociale sur la marginalisation des artistes, et plus particulièrement des femmes ayant sacrifié leur vie pour l’amour du théâtre. À travers la figure de Margit, le texte, et son incarnation par Raja Houari, adresse une véritable plaidoirie en faveur de la reconnaissance, de la mémoire et du respect de celles qui ont donné corps et âme à l’art vivant.
Le public, composé entre autres de responsables culturels, d’artistes reconnus et de passionnés de théâtre, a salué avec émotion la performance. La directrice de la Maison de la culture Malek Haddad, ainsi que le directeur de la Culture et des Arts de la wilaya de Constantine, étaient également présents, contribuant à l’éclat de cette soirée.
À travers ce Carnaval Romain, le théâtre constantinois signe une voix qui s’élève contre l’oubli et l’injustice envers les artistes. Et c’est Raja Houari, par son interprétation bouleversante, qui en a été l’âme vive. Une étoile d’Annaba qui, loin d’être oubliée, continue de faire rayonner la scène algérienne.
Par : Ikram saker









