Le ministère des Finances a adressé aux ordonnateurs du budget de l’Etat une « lettre de cadrage » en prévision de la préparation de la loi de Finance pour l’année 2026 dans laquelle il prône la « prudence » dans la mise en place des budgets prévisionnels en exigeant une « priorisation » des projets.
Un document, daté du 4 juin dernier, qui défini « les orientations stratégiques, les priorités ainsi que le cadre méthodologique à suivre pour encadrer les travaux de préparation du projet préliminaire de loi de finances et du budget de l’État pour l’année 2026, ainsi que pour la période 2027-2028, à l’instar des années précédentes », indique d’emblée la lettre qui précise que les discussions budgétaires y afférentes se feront à partir du 22 juin 2025.
Rappelant que « le contexte actuel se caractérise par des défis économiques complexes résultant de tensions géopolitiques et de changements climatiques », le ministère estime qu’ « il est impératif de passer d’une économie basée sur la rente à une économie productive, tout en s’adaptant rapidement aux mutations économiques mondiales et en répondant de manière continue aux exigences sociales croissantes ».
A cet effet, « afin de garantir l’efficacité opérationnelle de la programmation budgétaire, il est nécessaire d’avoir une vision claire axée sur les résultats et traduite en projets budgétaires pour l’année 2026 ».
Le lettre de cadrage servira ainsi « de base pour choisir les projets budgétaires alignés sur les axes majeurs des politiques publiques nationales ».
« Avec un niveau moyen de dépenses estimé à 17 400 milliards de dinars pour la période 2026–2027, tel que défini dans la loi de finances 2025, et une couverture improbable par les ressources prévisionnelles, nous sommes appelés à adopter une démarche basée sur l’amélioration des ressources et une discipline budgétaire à travers l’élargissement de l’assiette fiscale et le développement des secteurs hors-hydrocarbures, ce qui doit se faire dans le cadre d’efforts collectifs visant à maîtriser nos engagements pour préserver l’équilibre budgétaire, sur le court terme, et garantir la durabilité du budget à moyen terme », a indiqué le ministère des Finances dans sa lettre.
Tenir compte des orientations stratégiques de l’Etat
Tout en ordonnant que « toute mesure proposée doit être accompagnée d’une note explicative précisant son impact financier », le département des Finances précise donc qu’« il sera adopté une approche réaliste, prudente et rigoureuse pour guider les propositions budgétaires de 2026, en tenant compte des orientations stratégiques et des priorités ».
« Par ailleurs, la poursuite de la mise en œuvre progressive du budget-programme basé sur les résultats nécessite un renforcement de l’approche axée sur la performance dans la préparation du projet préliminaire de budget de l’État 2026 », a ajouté la même source.
L’objectif étant « d’orienter la gestion vers l’atteinte de résultats, dans le respect des contraintes budgétaires, en donnant la priorité aux choix stratégiques cohérents avec les orientations de la politique nationale ».
Ainsi, il est question, entre autres, « de réviser ou reporter les activités non prioritaires ou dont l’utilité n’est pas prouvée, selon les capacités financières disponibles ».
Il s’agit donc de « hiérarchiser les besoins exprimés, et de procéder par priorité, comme c’est le cas pour les dépenses incompressibles et la préservation des intérêts de l’État », tout en allouant « les marges budgétaires disponibles aux axes prioritaires engagés par les pouvoirs publics ».
En somme, la lettre recommande de « stimuler la relance économique et de diversifier les sources de croissance, en soutenant les secteurs productifs, en encourageant les investissements locaux et étrangers, en créant des emplois, et en accordant une attention particulière aux secteurs à forte valeur ajoutée et à potentiel d’exportation, dans le cadre de la diversification de l’économie nationale ».
Priorité pour les projets structurants
Le ministère a cité certains projets structurants qui doivent être pris en charge tels que « la ligne ferroviaire minière de l’Ouest (Béchar – Tindouf – Gara Djebilet), la ligne ferroviaire minière de l’Est (Annaba – Djebel Onk), l’extension du réseau ferroviaire vers Adrar et Tamanrasset, l’accompagnement des projets agricoles structurants dans le Sud, et la mise en œuvre progressive du programme d’aménagement et de modernisation d’Alger à l’horizon 2030 ».
Il est aussi question de « renforcer la sécurité alimentaire et hydrique face au changement climatique, par la construction de silos de stockage de céréales, le soutien aux dispositifs d’aide à l’activité agricole, la poursuite des raccordements des stations de dessalement, la couverture de la première phase des projets de connexion des barrages, le recyclage des eaux usées à des fins agricoles et industrielles, et l’approvisionnement en eau potable, ainsi que l’extension du Barrage Vert ».
D’autres priorités ont été cité par le ministère telles que « l’amélioration des services publics et de la qualité de vie, l’accès à des services de qualité dans les domaines de l’éducation, de la santé et des infrastructures, et l’accès au logement, notamment par les logements publics locatifs, le financement du programme AADL 3 (location-vente), les aides aux formules de logement rural, promotionnel aidé et les lotissements sociaux ».
« La sécurité nationale est également une priorité, avec l’allocation des ressources nécessaires à la protection du territoire et des frontières », a encore précisé cette même note.
Maîtriser les dépenses publiques
En dernier lieu, le ministère a défini six principes directeurs que les ordonnateurs du budget de l’Etat devront respecter scrupuleusement, dont « la durabilité budgétaire et la maîtrise des dépenses publiques », dans le sens où « chaque proposition budgétaire devra être justifiée dinar par dinar », « le classement des dépenses par ordre de priorité et allocation stratégique des ressources, en donnant la priorité aux programmes à fort impact sur les objectifs stratégiques nationaux » et « la mise en place d’indicateurs de performance clairs et mesurables pour chaque proposition ».
Comme il est question du « traitement optimal des dépenses d’investissement, avec priorité à l’achèvement des projets en cours, notamment ceux inscrits au Compte d’Affectation Spécial 145-302 (Fonds de gestion des dépenses d’investissement public), qui sera clôturé à la fin de l’exercice en cours ».
Ainsi, avec un prix du baril, plutôt volatile, l’exécutif veut prendre les mesures nécessaires pour rationaliser les dépenses publiques.
Par : Elyas Abdelbaki









