C’est pratiquement l’une des universitaires les plus productives de Souk-Ahras, mais qui a eu la malchance d’offrir le meilleur de sa pensée dans une période où tout était prébendes et indus avantages. Quand certains de ses collègues, dans le pays, géraient, le long des décennies précédentes, des carrières de valets et assumaient pleinement le complément du décor de la carotte au bout d’une perche, elle a su maintenir sa position parmi cette élite qui défendait crânement sa probité intellectuelle et redoublait d’efforts pour conforter ses convictions.
Quand l’université de Souk-Ahras bâtit un record en privilèges et en postes para-politiques, cette même élite se refusa toute contagion et partit trouver refuge dans la recherche et la création. Ses écrits, ses participations aux différents rendez-vous littéraires et autres séminaires, ses titres honorifiques et sa présence dans la majorité des manifestations, font d’elle une icône, dont la renommée a dépassé les limites de la wilaya.
Salima Loukam est enseignante de rang magistral, auteure de six ouvrages et de plusieurs dizaines de publications dans des revues nationales, maghrébines et arabes et autant de conférences à l’intérieur et à l’extérieur du pays.
Le nombre impressionnant de ses œuvres rendent le choix de l’illustration une tâche ardue. Elle trace dans son livre académique ”Assimilation de la narratologie dans la critique maghrébine contemporaine” les grandes lignes d’une lecture savante du récit. La portée de la littérature algérienne d’expression française et celle écrite en langue arabe a fait l’objet dans son livre intitulé ”Le roman algérien écrit en langues arabe et française”, d’une approche objective… constructive, sans suggestion aucune pour une quelconque dichotomie puisque l’âme de l’Algérien est présente dans les deux choix.
Des innombrables contributions dans des revues algériennes et autres implantées dans les autres capitales du monde arabe, citons: ”Le dialogue et son impact sur la défense du Prophète (qssl)’’ (Université Mohamed Benmessaoud, Arabie saoudite) et plusieurs autres écrits publiés au Liban, au Koweït, à Dubaï entre autres, ont contribué davantage à une notoriété méritée.
En assistant à ses conférences vous vous rendez compte que la clé de sa lecture est dans son entame. Salima sait captiver l’audience par le verbe et la persuasion sans trop gesticuler, ni insister sur les idées qu’elle sait enchaîner jusqu’à la fin de sa lecture.
Son aptitude dans l’exploitation des détails des personnages des œuvres de Driss Chraïbi à Assia Djebar, en passant par Tahar Ouettar et bien d’autres encense votre lecture par un zeste de bon sens et vous oriente sine die vers une assimilation meilleure. Elle est membre de la revue libanaise Jil et membre expert dans plusieurs revues.
Par : Abderrahmane.D












