Dans le cadre de sa visite de travail et d’inspection dans la wilaya de Jijel, le ministre des Transports, Saïd Sayoud, accompagné du directeur général des Douanes, le général-major Abdelhafid Bakhouche, a marqué une deuxième halte au port de Djendjen. Sur place, le ministre n’a pas caché son insatisfaction face à l’état d’avancement des travaux en cours au niveau du terminal à conteneur ; mais aussi face au nombre élevé de navires en rade.
Après avoir remercié les responsables du port, de DP World et des Douanes pour leurs exposés respectifs, le ministre a formulé plusieurs remarques critiques. Il a souligné qu’en dépit des instructions relatives à une cadence de fonctionnement continue 24h/24 mises en place depuis février dernier, le port affiche un taux d’occupation élevé, atteignant 77%. L’évacuation des conteneurs, a-t-il déploré, demeure lente.
Autre point de préoccupation : le nombre jugé excessif de navires en rade, une situation qui suscite les plaintes récurrentes des opérateurs économiques. Bien que conscient des contraintes, notamment la présence d’un seul quai dédié aux conteneurs, le ministre estime que ces insuffisances pourraient être compensées par une hausse du rythme de traitement et une amélioration des équipements portuaires. «Cette situation est inacceptable», a-t-il martelé. Pour y remédier, il a annoncé la mise en place d’une équipe de suivi, qui effectuera des visites inopinées pour vérifier la mise en œuvre des instructions du président de la République.
S’agissant des travaux en cours, le ministre a été clair : «Parler de réception d’ici le 5 juillet est irréaliste. Certains travaux nécessitent des délais incompressibles. Je préfère être franc.» Il a, également, regretté qu’une entreprise publique comme Meditram ne fasse pas les efforts nécessaires pour faire avancer les travaux en respectant les délais impartis. Sa visite au port de Djendjen, dira-t-il, répond à des informations faisant état de nombreux dysfonctionnements. Il a promis qu’«une amélioration de la situation intervienne dans les 10 prochains jours».
Concernant le partenaire émirati DP World, le ministre a exprimé de vives réserves: «les investissements n’ont pas atteint ce qu’on attendait. Ils ne reflètent même pas les engagements du partenaire. On est loin, très loin, pratiquement de tout ce qui a été tracé avant. De ce fait, ajoute-t-il, «Nous allons entreprendre les démarches juridiques afin de nous permettre d’améliorer cette situation et de la maîtriser. La situation n’est pas brillante. Elle est difficile et nécessite un suivi rigoureux», a-t-il conclu. De son côté, le général-major Abdelhafid Bakhouche, a appelé les services douaniers du port à s’impliquer davantage pour accélérer le traitement des conteneurs et réduire le taux d’occupation. Selon lui, tous les moyens sont disponibles et les effectifs sont suffisants.
Plus tôt dans la journée, le ministre s’est rendu à l’aéroport Ferhat Abbas, commune de l’Émir Abdelkader. Il y a annoncé le projet de prolongement de la piste de 2.400 à 3.000 m afin de permettre l’accueil d’avions de grande capacité. Une inscription de l’étude du projet est prévue. En cas d’absence de financement via le budget de l’État, le ministre a évoqué la possibilité d’un recours à l’Etablissement de Gestion des Services Aéroportuaires de l’Est (EGSA-Est) ou à un crédit bancaire. Sur place, il a assisté à un exposé détaillant les caractéristiques de l’infrastructure, les équipes en place, ainsi que les actions entreprises, notamment en matière de sécurisation du site avec l’installation de caméras, de clôtures et des opérations de désherbage.
Par : Fodil S.










