Alger a ouvert, hier, les travaux de la 12ᵉ édition du Séminaire de haut niveau sur la paix et la sécurité en Afrique – Processus d’Oran – au Centre international des conférences « Abdelatif Rahal ». Initié par l’Algérie en 2013, ce rendez-vous annuel constitue une plateforme incontournable de réflexion sur les enjeux de sécurité et de coopération sur le continent africain. Il favorise le dialogue entre les membres africains du Conseil de sécurité des Nations unies (A3) et ceux du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine (CPS).
La cérémonie d’ouverture a réuni une forte participation de ministres africains des Affaires étrangères, de hauts responsables continentaux ainsi que de représentants de l’ONU, de la Commission de l’UA et de partenaires internationaux. L’Algérie, en sa qualité de pays hôte et membre du CPS de l’UA et du Conseil de sécurité de l’ONU, joue un rôle central dans l’organisation et le suivi des travaux, contribuant à renforcer la voix du continent africain dans la gouvernance mondiale.
Attaf appelle à des solutions africaines face aux crises
Lors de son allocution, le ministre d’État, Ahmed Attaf, a transmis les salutations du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, en soulignant que le chef de l’État accorde une attention particulière à ce processus et veille à en assurer la pérennité et le renforcement. M. Attaf a qualifié la période actuelle de « période critique », marquée par des crises profondes et complexes, et a rappelé que l’Afrique a aujourd’hui « plus que jamais besoin de renforcer son rôle diplomatique, de concevoir et de mettre en œuvre des solutions africaines aux problèmes africains ».
Il a cité les dossiers les plus urgents : le conflit soudanais, qui provoque « la plus grave crise humanitaire au monde » sans aucune perspective immédiate de règlement politique ; la crise libyenne, « devenue un dossier oublié » après quatorze années de tensions ; le Sahara occidental, où le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui demeure non concrétisé après soixante-deux ans d’engagement de la communauté internationale ; et la zone sahélo-saharienne, où la situation sécuritaire, politique et économique « a dépassé tous les seuils de crise ».
Ahmed Attaf a également évoqué d’autres régions en difficulté, notamment les Grands Lacs et la Corne de l’Afrique, et a souligné que « l’absence de solutions durables ne fait que reproduire les mêmes crises sous des formes plus complexes ». Il a regretté le recul du rôle diplomatique africain, devenu « une caractéristique marquante du paysage africain de la paix et de la sécurité », et a insisté sur la nécessité d’une diplomatie proactive basée sur le dialogue constructif et des initiatives de médiation pour prévenir l’escalade et éviter la complexification des crises.
Un séminaire pour consolider la coopération continentale
Le séminaire vise à dresser un bilan des acquis des A3+, identifier les défis urgents à relever et formuler des recommandations pour renforcer la coopération entre le CPS et les A3+. Cette édition 2025 constitue également une occasion de renouveler l’engagement des États africains et des organisations régionales à promouvoir une paix durable et à renforcer la sécurité sur le continent.
Pour M. Attaf, le « Processus d’Oran » est un outil stratégique pour évaluer les avancées concrètes de l’Afrique dans la mise en œuvre de sa vision diplomatique et de ses initiatives de paix au sein de l’ONU et du Conseil de sécurité. Il a salué l’unité croissante des trois pays africains au Conseil de sécurité, désormais « un bloc unique et cohérent », capable de défendre une position africaine commune. Le ministre a souligné que cette cohésion repose sur le respect des décisions de l’Union africaine et sur des initiatives de prévention proactive des conflits, rappelant que la diplomatie africaine, forte de son histoire, reste un levier indispensable pour stabiliser le continent et éviter la multiplication des crises.
Cette édition 2025 offre ainsi un cadre de réflexion pour formuler des solutions africaines concrètes face aux crises et défis sécuritaires, politiques et humanitaires, renforçant le rôle de l’Afrique dans la gouvernance mondiale et la consolidation de la paix sur le continent.
Par : S.A.B.









