
Premiers du genre en Algérie, ces bureaux qui lanceront leurs services «bientôt», s’inscrivent dans le cadre de «la mise en œuvre de la décision du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, relative à l’augmentation de l’allocation touristique au profit des citoyens algériens».
Les modalités d’octroi de l’allocation touristique pour les algériens voyageant à l’étranger commencent à se dessiner. Jeudi, l’entreprise portuaire d’Alger (EPAL) a, dans un communiqué, annoncé l’ouverture «prochaine» de quatre bureaux de change au niveau de la gare maritime. Cette démarche devrait faciliter l’opération de change pour les voyageurs, selon les responsables de l’EPAL. La veille, le Président directeur général de l’Entreprise de gestion des services aéroportuaires (EGSA) d’Alger, Mokhtar Mediouni, s’est enquis en compagnie d’une délégation de parlementaires des travaux d’installation de quatre autres bureaux de change implantés dans l’enceinte aéroportuaire.
«Avec l’ouverture de ces bureaux, nous entamerons la phase opérationnelle dans les opérations d’octroi de la nouvelle allocation touristique qui passe d’un montant de 100 euros à 750 euros », a affirmé M. Mediouni. Premiers du genre en Algérie, ces bureaux qui lanceront leurs services «bientôt», s’inscrivent dans le cadre de «la mise en œuvre de la décision du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, relative à l’augmentation de l’allocation touristique au profit des citoyens algériens», a souligné le communiqué de l’EPAL.
Celle-ci a consacré «des sites adaptés à l’activité de ces bureaux au niveau de la gare maritime, en adéquation avec le processus exigé dans les procédures des traversées maritimes, facilitant ainsi l’opération de change pour les voyageurs», a ajouté la même source.
A la gare maritime d’Alger, des cadres de la Banque d’Algérie (BA) dont le directeur de la région centre et responsable du système de paiement, le vice-gouverneur de la BA, Mohamed Benbahane, ont inspecté, en compagnie du directeur général de l’EPAL, Abdelhamid Boulaam, les niveaux bureaux de change. Lors de l’inspection des bureaux, M. Benbahane s’est dit «très satisfait de la concrétisation de cette opération qui s’inscrit dans le cadre de l’application des instructions des pouvoirs publics pour la création et l’équipement des bureaux de change au profit des voyageurs au niveau de la gare maritime».
750 euros pour les adultes, 300 pour les mineurs
Notons que l’installation de ces bureaux ne signifie pas que le dinar algérien soit devenu entièrement convertible. Aussi, ces bureaux de change devraient aussi servir pour collecter une partie des devises transportées par les voyageurs en provenance de l’étranger. Depuis l’été dernier, les voyageurs non-résidents n’ont plus le droit d’effectuer le change au marché noir. Au départ, ils devront en effet fournir une attestation de change pour la totalité ou une partie des sommes en devise déclarées à l’arrivée. Selon la Banque d’Algérie, les opérations autorisées dans un bureau de change sont les opérations de vente, contre monnaie nationale, de monnaies étrangères librement convertibles.
Elles sont effectuées au profit des personnes physiques résidentes, dont la nature porte sur le droit ou l’allocation de change au titre de voyages à l’étranger, de soins médicaux à l’étranger, de frais de mission et de frais d’études et de stages. Il s’agit, également, des opérations de vente, contre monnaie nationale, de monnaies étrangères librement convertibles, au profit des personnes physiques non-résidentes, au titre du reliquat dinars en leur possession à la fin de leur séjour en Algérie et provenant d’une cession de devises préalablement réalisée. Le règlement de la BA inclut, en outre, les opérations d’achat de monnaies étrangères librement convertibles auprès de personnes physiques résidentes ou non-résidentes.
Mais, pour l’heure, peu d’informations ont filtré sur les procédures d’octroi de devises pour les voyageurs en partance des ports et aéroports du pays. Approuvée par le président Abdelmadjid Tebboune lors d’une réunion du Conseil des ministres le 6 octobre, le montant de l’allocation touristique est passé, à compter du 1e janvier 2025, de 100 à 750 euros pour les voyageurs adultes et 300 euros pour les mineurs. L’entrée en vigueur du nouveau montant devrait intervenir rapidement, une fois les conditions de son octroi aux voyageurs précisées dans un règlement de la Banque d’ Algérie, selon le site TSA. D’après un responsable de la BA, cité par le site DNA Algérie, les voyageurs désirant bénéficier de l’allocation doivent suivre plusieurs et respecter certaines conditions.
Passage obligée par la Banque d’Algérie
Le processus pour obtenir l’allocation touristique commence par un passage obligatoire à la Banque d’Algérie, l’institution bancaire centrale de tout le système financier du pays, fait savoir la même source. Les voyageurs intéressés par cette allocation doivent ainsi se rendre à la banque d’Algérie de leur ville de résidence. Munis d’un passeport en cours de validité, d’un visa du pays de destination, d’une assurance voyage ainsi que de l’équivalent en dinars de la somme des 750 euros au taux de change officiel, les voyageurs peuvent commencer la procédure.
Selon ledit responsable, le montant à verser en dinars est d’environ 109 000 DA, en fonction du taux de change appliqué au moment de la demande. Une fois le montant réglé et les documents validés, la personne concernée reçoit un chèque de voyage, qui lui permettra de récupérer l’allocation en euros. Ce chèque pourra, ensuite, être échangé contre des euros dans l’un des bureaux de change installés au niveau du port et de l’aéroport d’Alger.
Une mesure visant, d’une part, à faciliter aux voyageurs l’accès aux devises dont ils ont besoin juste avant leur départ. Et, d’autre part, de barrer la route aux spéculateurs qui entretiennent le marché parallèle des devises. D’après le même responsable, l’échange du chèque de voyage aux conditions de banque se fera juste avant l’embarquement, une fois que le voyageur aura effectué les formalités d’enregistrement.
Ce dispositif ne s’applique pas cependant pour les voyageurs qui prévoient de se déplacer par voie terrestre, notamment ceux qui veulent se rendre en Tunisie, a indiqué le responsable de la BA. Interrogé en octobre dernier par El Khabar, l’économiste Nabil Djemaa a déclaré que l’augmentation du montant de l’allocation touristique «répond à une demande ancienne », estimant qu’une offre significative et adaptée via les circuits bancaires banques devrait éviter aux citoyens de recourir au marché parallèle. Pour sa part, le professeur d’économie Slimane Nacer a affirmé que l’augmentation du montant de cette allocation devrait «atténuer la demande» sur le marché noir.
Par : Akram Ouadah











