L’Algérie a adopté sa première liste nationale de médicaments essentiels, a annoncé hier à Alger le ministre de l’Industrie pharmaceutique, Ouacim Kouidri, lors d’une journée d’étude et de formation consacrée à l’exportation des produits pharmaceutiques et des dispositifs médicaux.
Élaborée par un comité d’experts, cette liste constitue une référence pour définir les priorités nationales en matière de disponibilité durable des médicaments essentiels, renforcer les capacités de production locales et orienter les investissements vers les produits jugés prioritaires sur les plans sanitaire et stratégique, notamment en vue de leur exportation.
Le comité chargé de cette mission, installé il y a quelques mois, veille à la cohérence de la liste avec le programme national de production et d’importation, en fonction des besoins thérapeutiques. Il regroupe des représentants de plusieurs secteurs et institutions, dont les ministères concernés, l’Agence nationale des produits pharmaceutiques, la Pharmacie centrale des hôpitaux, l’Institut Pasteur d’Algérie et le Centre national de pharmacovigilance et de matériovigilance, ainsi que des spécialistes de la médecine, de la pharmacie et de la chirurgie dentaire.
–Les exportations en ligne de mire–
La journée d’étude s’inscrit dans la stratégie nationale de promotion des exportations hors hydrocarbures et de diversification de l’économie, avec l’ambition de consolider la souveraineté sanitaire et de faire de l’industrie pharmaceutique un levier de développement économique.
Le ministre a souligné les progrès réalisés par la filière au cours des cinq dernières années, notamment en matière de capacités de production et de développement du tissu industriel. Il a toutefois appelé à mieux exploiter les moyens existants et à renforcer la présence des produits algériens sur les marchés internationaux.
En 2025, les exportations algériennes de produits pharmaceutiques et de dispositifs médicaux ont atteint près de 50 millions de dollars et concerné 33 pays, dont 18 en Afrique. Un résultat jugé encourageant par le ministre, mais encore inférieur au potentiel du secteur. L’Algérie entend ainsi intensifier ses exportations en 2026 et assurer une présence plus durable de ses produits à l’étranger.
Kouidri a également rappelé que l’Algérie avait accueilli, en novembre 2025, le sommet ministériel africain consacré à la production locale de médicaments et aux technologies de santé. Cette rencontre avait été suivie par la conclusion de contrats d’exportation de produits pharmaceutiques algériens vers plusieurs pays, illustrant les perspectives de développement de la filière à l’échelle continentale.
Par : S.A.B.












