La hausse soutenue des prix des produits agricoles de large consommation remet en lumière les dysfonctionnements structurels du réseau de distribution, en particulier au niveau des marchés de gros où l’action des intermédiaires et le manque de transparence continuent de peser lourdement sur le pouvoir d’achat des citoyens, souligne El Khabar dans son édition d’hier.
En effet, malgré l’application des lois économiques fondamentales régissant l’offre et la demande, ainsi que les facteurs climatiques et le coût des intrants (semences, engrais, eau, énergie), la fixation des prix sur le marché national « échappe souvent à toute logique comptable », indique la même source. Sur le terrain, agriculteurs et mandataires se rejettent la responsabilité des augmentations, tandis que les soutiens multiformes accordés par l’État à la production agricole peine à se refléter sur les prix finaux payés par le consommateur.
Selon plusieurs observateurs et acteurs du secteur, fait savoir El Khabar, le nœud du problème réside au cœur des marchés de gros, qu’ils soient sous tutelle communale ou gérés sous le secteur public marchand.
Le quotidien arabophone note, qu’au niveau communal, la concession des marchés aux enchères publiques atteint désormais des montants très élevés, poussant certains adjudicataires à imposer des tarifications excessives aux usagers des carreaux pour amortir leurs investissements. « De leur côté, les marchés de gros publics sont appelés à renforcer leurs mécanismes de suivi pour contrecarrer la spéculation sur les espaces d’exploitation », précise le même média.
À cela s’ajoute la persistance de pratiques informelles, telles que le prélèvement de redevances non régulées à l’entrée des marchés appliquées aux véhicules de transport de marchandises, ce qui renchérit mécaniquement le coût final des produits.
Absence de traçabilité
El Khabar ajoute également que, l’absence de grilles tarifaires de référence, la volatilité des cours dictés par des enchères non plafonnées, ainsi que le manque généralisé de facturation à travers les différentes étapes de la commercialisation (producteur, mandataire, grossiste, détaillant) constituent les principaux obstacles à une régulation efficace. Face à cette situation, le renforcement des contrôles par les services du ministère du Commerce intérieur et des organes d’inspection apparaît comme une priorité essentielle pour imposer la transparence des marges bénéficiaires, assainir les circuits de distribution et préserver le pouvoir d’achat des ménages.
Par : Akram Ouadah












