Alors que les gouvernements occidenta
ux se murent dans le silence ou la complicité, une mobilisation populaire sans précédent s’organise aux quatre coins du globe pour dénoncer le génocide en cours à Ghaza et exiger la levée immédiate du blocus israélien. À l’heure où les bombes écrasent, où l’eau et la nourriture sont devenues des armes de guerre, les peuples, eux, se lèvent. Car si les États détournent les yeux, les citoyens refusent d’être complices.
Rafah, épicentre de la solidarité mondiale
Le 12 juin, des milliers de citoyens du monde entier se retrouveront au Caire pour entamer une marche symbolique vers Ghaza, prévue le 19 juin, une mobilisation d’une ampleur historique. Venus des quatre continents, des délégations internationales convergent vers l’Égypte pour une action directe : marcher vers la frontière de Rafah, porte d’entrée de l’enclave palestinienne toujours sous blocus israélien. Ils ont prévu de prendre des bus pour la ville d’Al Arish, à 50 kilomètres de Rafah, le poste-frontière avec Ghaza. Le reste du trajet se fera à pied, matin et soir pour éviter la chaleur, pendant trois jours. Une manifestation est prévue à l’arrivée. Des femmes, des hommes, des jeunes, des personnes âgées, de toutes origines et confessions, forment cette marée humaine portée par un seul mot d’ordre : briser l’enfermement de Ghaza. À ce jour, c’est l’action citoyenne la plus massive et la plus spectaculaire de l’histoire de l’humanité.
Un élan planétaire de solidarité
La Marche vers Ghaza ne connaît pas de frontières. Dans un élan sans précédent de solidarité civile, des milliers de citoyens du monde entier se retrouveront au Caire pour converger vers Rafah, côté égyptien. Baptisée “Global March to Ghaza”, cette initiative mobilise des délégations venues de plus de 84 pays :
Argentine, Brésil, Chili, Colombie, Pérou, Porto Rico, Australie, Nouvelle-Zélande, Canada, Salvador, Guatemala, Mexique, États-Unis, Autriche, Belgique, Danemark, Finlande, France, Allemagne, Grèce, Irlande, Italie, Pays-Bas, Norvège, Pologne, Portugal, Slovaquie, Slovénie, Espagne, Suède, Suisse, Royaume-Uni, Bahreïn, Inde, Japon, Jordanie, Liban, Malaisie, Oman, Pakistan, Palestine, Syrie, Turquie, Émirats arabes unis, Vietnam, Algérie, Égypte, Maroc, La Réunion, Sénégal, Afrique du Sud, Tunisie, Indonésie, et d’autres encore.
Toutes et tous répondent à un appel citoyen porté par une coalition internationale d’organisations de la société civile, de syndicats, de collectifs de médecins, d’enseignants, d’artistes et de familles endeuillées par les bombardements de l’occupant. Cette marche n’est ni une provocation, ni une opération médiatique. C’est un acte de solidarité concrète, un appel à la conscience humaine. Dans un monde où le droit international est bafoué, la société civile tente de réaffirmer son rôle. Vers Rafah, des milliers de voix marchent pour Ghaza.
Du Maghreb à Ghaza : la force d’un convoi populaire
Au Maghreb, c’est depuis la Tunisie que la marche s’est ébranlée. La “Caravane Soumoud”, ou “Convoi maghrébin de la Résilience”, est composée de bus, de voitures particulières et de motos. Ce convoi populaire réunit hommes, femmes, jeunes et moins jeunes dans un même élan de solidarité. Le convoi n’a pas arrêté de grossir le long de son itinéraire. En Tunisie, puis en Libye, ce sont des milliers de personnes qui ont formé des haies d’honneur à la caravane, distribuant eau, nourriture, gratitude et “douaâ”, et parfois même de l’argent.
L’Algérie est représentée par une importante délégation composée de médecins, d’universitaires, de journalistes, d’étudiants, de juristes, mais aussi de membres de la diaspora. Une mobilisation issue de la société civile et appuyée par de nombreux collectifs militants. Des comités de soutien à Ghaza, des organisations de jeunesse, des associations caritatives ont coordonné leurs efforts pour assurer une présence algérienne forte à Rafah. Le mot d’ordre : solidarité active avec le peuple palestinien, dans le respect de l’indépendance de l’action et du caractère civil de la démarche.
Les autorités de ces deux pays ont largement facilité le passage de la caravane, preuve que lorsque les peuples se mobilisent, les frontières s’ouvrent.
“Leve, leve, leve Palestina”
De nombreuses initiatives citoyennes essaiment le monde entier pour dénoncer le génocide en cours dans le territoire palestinien et tenter de briser le blocus. Sit-in devant les ambassades de l’occupant, manifestations, campagnes sur les réseaux sociaux, boycotts : une nouvelle forme de diplomatie populaire est à l’œuvre. Des artistes répondent présents, des syndicats appellent au boycott, des collectifs de soignants exigent l’accès humanitaire à Ghaza. Dans la rue et sur les réseaux sociaux, partout, les citoyens font entendre une voix que leurs gouvernements refusent de porter. Tous dénoncent cette guerre d’annihilation qui n’aurait pu avoir lieu sans le concours politique, économique et militaire apporté à Israël par la plupart des chancelleries occidentales, États-Unis, Union européenne et France en tête.
Une marche contre la complicité
Malgré tout, les peuples n’abandonnent pas. Ils se lèvent, unis dans un même cri : “Leve Palestina”. Les initiatives citoyennes se multiplient pour briser le blocus de Ghaza. Le 12 juin n’est pas qu’une date sur un calendrier militant. C’est un sursaut. Une détermination collective à rappeler que la Palestine n’est pas seule. « Cette marche est la façon des peuples de dire stop à l’occupant qui commet à présent le crime des crimes, le crime de génocide et d’extermination. Et dans l’impunité continue. Impunité, le mot est faible : l’occupant est activement encouragé et soutenu par tous les États qui continuent à entretenir des relations de tout ordre avec Israël. L’occupant ne se bat pas, l’occupant ne se défend pas, l’occupant concentre et extermine. »
Ce 12 juin est un mouvement citoyen, international, non violent et apolitique, face à l’une des pires atrocités du XXIe siècle. Les images de milliers de citoyens du monde marchant pacifiquement vers un territoire assiégé sont un symbole fort de ce siècle qui marquera l’Histoire du monde.
Un génocide programmé
À Ghaza, les enfants tombent, fauchés en silence ou dans le vacarme des bombes, alors qu’ils jouent au ballon, qu’ils vont chercher de l’eau ou du pain, qu’ils dorment, qu’ils sont soignés, ou qu’ils pleurent leurs morts. Parfois, ils entendent leur fin arriver, dans un fracas si brutal qu’il les précède de peu. À Ghaza, être un enfant, c’est vivre en sursis, c’est devenir une cible. Mais ce ne sont pas seulement les enfants. Être médecin, c’est être visé. Être secouriste, enseignant, journaliste, c’est être visé. Être Palestinien, c’est être visé. C’est là l’essence même d’un génocide : éliminer non pas des individus pour ce qu’ils font, mais des personnes pour ce qu’elles sont, un peuple, une identité, une existence.
Depuis les années 1990, l’occupant a méthodiquement détruit la souveraineté alimentaire de Ghaza. Le blocus, chaque année plus cruel, a étranglé toute autonomie, rendant la population entièrement dépendante de l’aide humanitaire, elle-même filtrée, retardée ou tout simplement interdite. Les pêcheurs qui s’aventurent en mer, souvent sur des épaves de fortune, sont pris pour cible. Leurs bateaux ont été détruits. Les paysans, eux, remettent en culture leurs terres bombardées, leurs pépinières réduites en cendres, au prix d’un courage insensé. Et eux aussi sont pris pour cible. Ce n’est pas une guerre. C’est un écrasement. Un peuple affamé, piégé, bombardé. Un peuple que l’on cherche à effacer.
L’Algérie en première ligne du combat pour les droits du peuple palestinien
Depuis toujours, l’Algérie incarne une rare cohérence entre discours et actes en matière de solidarité internationale. À travers son soutien indéfectible à la cause palestinienne, Alger s’est imposée comme l’un des derniers bastions de la résistance face à la normalisation rampante dans le monde arabe. Ce positionnement clair, nourri par une histoire anticoloniale encore vive, renforce son image de « défenseur des opprimés » dans l’opinion publique maghrébine et arabe, consolidant ainsi son soft power dans la région.
Fidèle à son héritage révolutionnaire, l’Algérie a réaffirmé sa posture lors de son intervention remarquée à la Cour internationale de justice (CIJ) en avril dernier. Le message était sans ambiguïté : le droit international humanitaire ne se discute pas. Face à un Israël qui, depuis le 2 mars, interdit l’acheminement de toute aide humanitaire à Ghaza et s’acharne à démanteler l’UNRWA – l’agence onusienne chargée des réfugiés palestiniens, Alger a lancé un appel solennel à la communauté internationale pour qu’elle sorte de sa torpeur et agisse.
Depuis son accession au Conseil de sécurité de l’ONU pour le mandat 2024-2025, l’Algérie joue un rôle central dans la diplomatie en faveur de la Palestine. Porteuse de plusieurs textes essentiels, dont la résolution d’avril 2024 visant à accorder à la Palestine un statut d’État membre à part entière des Nations unies, bloquée par le veto américain, elle poursuit inlassablement son action sur toutes les tribunes internationales. L’Algérie ne fait pas que défendre les Palestiniens : elle défend un ordre international fondé sur la justice et la légalité. Au-delà des mots, cet engagement se manifeste concrètement par l’envoi régulier de convois humanitaires à destination de Ghaza, via le poste frontière de Rafah, dans une solidarité active et constante.
L’Histoire se souviendra des linceuls d’enfants
Tandis que les bombes tombent, des milliers de citoyens avancent. Tandis que des gouvernements tergiversent ou collaborent, des peuples marchent. Cette marche vers Ghaza n’est pas une simple démonstration : c’est un acte de résistance face à l’indifférence, un cri contre le crime, un sursaut d’humanité. Si l’histoire se souviendra des linceuls d’enfants, elle retiendra aussi les pas de celles et ceux qui, sans armes, auront dit non.
Par : Aly D











