Avec un coût dépassant les 2,6 milliards de dollars, la ligne s’inscrit parmi les projets ferroviaires les plus ambitieux en Algérie.
L’Algérie poursuit méthodiquement la transformation de son réseau ferroviaire. Après la mise en service de la ligne Béchar–Gara Djebilet, le projet Laghouat–Ghardaïa–El Ménéa (495 km), estimé à 2,67 milliards de dollars, franchit une étape clé avec le lancement du recrutement d’un cabinet conseil par l’ANESRIF. Au-delà du chantier d’infrastructure, ce projet s’impose comme un indicateur stratégique de la politique d’intégration économique des régions du sud du pays.
Avec un coût dépassant les 2,6 milliards de dollars, la ligne s’inscrit parmi les projets ferroviaires les plus ambitieux en Algérie. Le recours à un prêt de 747 millions de dollars de la Banque africaine de développement illustre, à la fois, l’ampleur financière du chantier et la volonté des autorités de partager le risque avec des partenaires multilatéraux. Pour l’Algérie, l’enjeu est double : Maîtriser les coûts dans un contexte de rationalisation des dépenses publiques, mais surtout garantir la rentabilité socio-économique d’un projet dont les bénéfices seront principalement indirects et de long terme.
Ainsi, le lancement de l’appel d’offres pour l’assistance à la maîtrise d’ouvrage marque un tournant opérationnel. En s’appuyant sur un cabinet conseil international, l’ANESRIF cherche, de la sorte, à sécuriser la gouvernance du projet, notamment sur les volets de passation des marchés, de suivi environnemental et de gestion contractuelle.
Dans les grands projets d’infrastructures en Algérie, cette phase constitue souvent le point critique entre ambition politique et exécution effective. La durée annoncée de la mission (60 mois) suggère une approche prudente, étalée et structurée.
477 000 emplois directs et indirects
Selon les estimations officielles, la ligne ferroviaire pourrait générer près de 477 000 emplois directs et indirects à l’horizon 2030. Si ce chiffre traduit l’effet multiplicateur attendu sur le BTP, la logistique et les services, il appelle toutefois à une lecture nuancée.
Les emplois directs sont majoritairement temporaires. Or, l’impact durable dépendra de la capacité du tissu économique local à absorber et prolonger l’investissement. Le véritable test, selon des experts du rail, résidera dans la création de chaînes de valeur pérennes, notamment autour de l’agriculture saharienne, de l’énergie et de la logistique.
Sur un autre registre, la liaison Laghouat–Ghardaïa–El Ménéa repose désormais, exclusivement, sur le transport routier, avec des temps de trajet longs et des coûts logistiques élevés. Le rail pourrait, en ce sens, réduire significativement ces contraintes, à condition d’être intégré à une stratégie multimodale cohérente. Pour les pouvoirs publics, cette ligne vise notamment à renforcer la cohésion territoriale, fixer les populations et accompagner l’essor de pôles comme Hassi R’mel, cœur énergétique du pays.
Par : Akram Ouadah












