L’Algérie connaît une transition démographique accélérée, caractérisée par une baisse historique de son taux de fécondité à 2,5 enfants par femme, a annoncé, hier, le secrétaire général du ministère de la Santé, Mohamed Talhi.
Le visage démographique de l’Algérie change rapidement. S’exprimant à l’occasion de la Journée mondiale de la population organisée à Alger, le secrétaire général du ministère de la Santé, Mohamed Talhi, a dressé le bilan d’une mutation sociétale profonde, selon El Khabar.
Face à ce basculement, le gouvernement et l’ONU plaident pour des investissements massifs dans la jeunesse afin de capter le « dividende démographique » et de stimuler la croissance économique. Le taux de fécondité du pays, qui s’élevait à près de 8 enfants par femme au lendemain de l’indépendance, est aujourd’hui tombé à environ 2,5, rapporte la même source.
Cette baisse s’explique par l’urbanisation, l’allongement de la scolarisation, le recul de l’âge au mariage et l’accès croissant des femmes au marché du travail. Malgré cette baisse de la natalité, l’Algérie conserve une population majoritairement jeune.
Pour la représentante du Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA) à Alger, cette structure par âge constitue un « rachat stratégique majeur » capable de porter l’innovation et la croissance, à condition d’être correctement exploitée.
Cette situation correspond à la fenêtre d’opportunité où la population active est proportionnellement plus nombreuse que la population dépendante (enfants et personnes âgées), favorisant ainsi un surcroît d’épargne et de croissance économique. M. Talhi a, toutefois, rappelé que ce dividende démographique n’est pas automatique.
Pour transformer ce potentiel en réalité, les autorités devront renforcer leurs investissements dans des secteurs clés comme l’éducation et la formation professionnelle pour adapter les compétences aux exigences du marché de l’emploi, la santé et le logement pour garantir un cadre de vie stable ainsi que la l’insertion économique en facilitant l’accès des jeunes à l’emploi et à l’entrepreneuriat.
Cette transition intervient, faut-il le noter, dans un contexte mondial marqué par un vieillissement global de la population et un recul généralisé de la fécondité, obligeant les États à repenser urgemment leurs modèles de développement.
Par : Akram Ouadah








