Avec une disponibilité en eau par habitant inférieure au seuil de pénurie reconnu à l’échelle internationale, l’Algérie fait face, faut-il le préciser, à un enjeu stratégique de sécurité hydrique.
Le taux de remplissage des barrages en exploitation à l’échelle nationale a dépassé les 41 %, a indiqué, vendredi, la directrice centrale à l’Agence nationale des barrages et des transferts (ANBT), Nadia Ouchar. Une évolution encourageante, qui intervient dans un contexte marqué par un stress hydrique persistant et des défis structurels liés à la gestion des ressources en eau dans plusieurs régions du pays. Internant sur les ondes de la radio Alger Chaîne 3, Mme Ouchar a précisé que le taux exact de remplissage des barrages s’établit à 41,14 %, à la faveur des précipitations enregistrées récemment dans plusieurs régions du pays, après des années de déficit pluviométrique.
Dans le détail, les barrages de l’Ouest du pays affichent un taux de remplissage de 40,71 %, tandis que ceux du bassin du Chéliff atteignent 29,46 %; une situation toujours fragile pour cette région à forte vocation agricole. La région Centre demeure la plus affectée, avec un taux de remplissage limité à 20,38 %, en raison notamment de la pression démographique et de la forte demande en eau potable.
À l’inverse, les barrages de l’Est du pays présentent une situation plus favorable, avec un taux de remplissage atteignant 58 %, selon les chiffres dévoilés par la responsable de l’ANBT. Ainsi, ces données confirment la vulnérabilité hydrique du pays, accentuée par les effets du changement climatique, l’irrégularité des précipitations et l’augmentation continue des besoins en eau.
Dessalement et STEP
Avec une disponibilité en eau par habitant inférieure au seuil de pénurie reconnu à l’échelle internationale, l’Algérie fait face, faut-il le préciser, à un enjeu stratégique de sécurité hydrique. Pour y faire face, les pouvoirs publics ont engagé ces dernières années un programme national de mobilisation des ressources non conventionnelles, notamment à travers le dessalement de l’eau de mer.
Plusieurs stations de dessalement de grande capacité ont été réalisées ou sont en cours de mise en service le long du littoral, afin de sécuriser l’alimentation en eau potable des grandes agglomérations et de réduire la dépendance aux barrages. À terme, ces infrastructures devraient couvrir une part significative des besoins nationaux en eau potable.
Par ailleurs, les pouvoirs publics poursuivent leurs efforts en matière de réutilisation des eaux usées épurées, d’optimisation des systèmes de transfert hydraulique et d’amélioration de la gouvernance du secteur de l’eau. En ce sens, des programmes de réhabilitation de station d’épuration des eaux usées (STEP) ont été lancés dans de nombreuses wilayas.
Si l’amélioration du taux de remplissage des barrages constitue un indicateur positif, les spécialistes soulignent toutefois la nécessité de maintenir une gestion rigoureuse et durable de la ressource hydrique, afin de faire face aux aléas climatiques et aux besoins futurs du pays.
Par : Akram Ouadah








